vendredi 31 janvier 2014

5 vins bios, bons et abordables, ça vous tente?

Cette semaine se tenait en France le plus grand salon dédié aux vins bios, Millésime bio à Montpellier, et nous avons profité de l’occasion pour consacrer nos articles sur ce sujet.

Lundi dernier nous avons présenté « Questions et réponses sur les vins bios » et mercredi nous avons poursuivi avec « Les vins en biodynamie, une étape au-delà des vins bios ». Mais nous n’avons pas encore abordé la question du prix. Les vins bios sont-ils plus chers que les autres?

Comme pour tous les produits bios, la réponse est oui. D’une part, la viticulture bio implique des rendements un peu plus faibles, mais comme je l’ai déjà précisé, plusieurs viticulteurs réduisent de toute façon leur rendement pour obtenir des vins de qualité. La plus grande différence vient de la main d’œuvre nécessaire pour travailler les vignes en bio, deux fois plus élevée que pour la viticulture traditionnelle. C’est excellent pour l’emploi, mais il y a donc des coûts associés à la conversion vers le bio.

Il ne faut pas en conclure que les vins bios sont hors de prix. Durant la semaine, le fil Twitter HippoVino a recommandé 5 vins bios en utilisant le hashtag #vinbio. Nous n’avons pas eu de difficulté à sélectionner des vins à la fois bios, bons et abordables. Comme avec seulement 140 caractères, il n’était guère possible de donner des détails, voici la liste avec quelques commentaires.

Lundi, notre #vinbio était un Bordeaux, le Château Puy-Landry dans l’appellation Côtes de Castillon. Située un peu à l’est de la ville de Libourne, la propriété est en agriculture biologique depuis 2005. Ce beau rouge tout simple a été salué par Jean Aubry qui y voit le parfait compagnon du pâté chinois (du hachis parmentier pour nos lecteurs français) et il figure aussi dans le Top 100 Sélection Chartier.

Mardi, nous étions dans la Loire avec un vin blanc de l’appellation Cheverny, le Domaine des Huards. Ce domaine appartient à la famille Gendrier depuis 1846  et opère en biodynamie depuis 15 ans. Malheureusement, les appellations moins connues de la Loire sont souvent ignorées par les critiques. C’est dommage, car cet assemblage de Sauvignon blanc et de Chardonnay est vif, minéral avec de belles saveurs de fleurs et d’agrumes. C’est un merveilleux compagnon pour des crevettes de Matane (petites crevettes roses) ou des palourdes.

Si vous vivez en France et décidez de visiter la région de Blois, vous pourrez essayer le Cour-Cheverny du même domaine, produit avec le cépage Romorantin, une rareté. Je n’y ai pas goûté, mais autant la Revue du vin de France que le guide Gault&Millau chantent ses louanges.

Mercredi c’était le tour d’un rosé, plus précisément Le Pive gris, un vin de Camargue. Provenant du sud de la France – la Camargue est la zone au cœur du delta du Rhône, sur le bord de la Méditerranée – il est produit par le Domaine Jeanjean, une maison engagée dans le développement durable, certifiée bio par Ecocert. Le Pive gris est un bon rosé sec, tout en fraîcheur et en simplicité. Je l’ai découvert grâce à cette chronique de la sommelière Hélène Dion, mais il a été salué par Marc-André Gagnon de VinQuébec, ainsi que dans La Presse et le blogue Les méchants raisins.

Notre recommandation du jeudi était le Cabernet-Sauvignon de la maison Bonterra, en Californie. Tout le domaine est en bio et leur Cabernet-Sauvignon de base est un excellent vin, très loin de la lourdeur boisée trop souvent associée aux Cabs californiens. C’est le genre de vin étonnamment polyvalent, à l’aise avec tout ce qui sort de votre barbecue.

La semaine s’est terminée en beauté dans la vallée du Rhône, avec un rouge de Vacqueyras, dont l’appellation voisine est la célèbre Châteauneuf-du-pape. Le domaine Montirius travaille en biodynamie depuis 1996; cette cuvée naît de très vieilles vignes (environ 65 ans) et est élevée totalement en cuve, zéro bois. C’est peut-être une cuvée embouteillée spécialement pour le Québec, car elle n’est pas visible sur le site Web du producteur; sa fiche technique est néanmoins très semblable à la cuvée Les Garrigues, disponible en France ainsi qu’en Ontario. C’est un rouge costaud, fait de Grenache et de Syrah, auquel le guide Phaneuf accorde 4 étoiles (sur 5) et un commentaire fort élogieux tandis que Jacques Benoit le voit se mesurer à certains Châteauneufs-du-pape.

Bonnes dégustations et à votre santé !

Alain P.

Les liens

Château Puy-Landry, Côtes de Castillon ($)
Québec – SAQ 00852129
France – La fée des vignes

Critiques :
Jean Aubry (Le Devoir)
Site du producteur

Domaine des Huards, Cheverny ($$)
Québec – SAQ 00961607
Site du producteur

Domaine des Huards, Cour-Cheverny
Critiques
Gault&Millau, Revue du vin de France


Cabernet-Sauvignon Bonterra ($$)
Québec – SAQ 00342428
Ontario – LCBO 342428

Critiques :
Jean Aubry (Le Devoir)
Site du producteur

Montirius, Vacqueyras ($$$)
Québec – SAQ 00872796
Ontario – LCBO VINTAGES (Les Garrigues) 363135

Critiques :
Guide des vins Phaneuf Jacques Benoit (La Presse)David Santerre (La bandedes vins)
Site du producteur





mercredi 29 janvier 2014

Les vins en biodynamie, une étape au-delà des vins bios

Le salon Millésime Bio se termine aujourd’hui. Après notre article « Questions et réponses sur les vins bios » publié lundi dernier, continuons notre exploration du monde  du vin bio !

Si vous lisez un peu sur les vins, vous avez certainement rencontré le terme « biodynamie ». Mais alors que tout le monde connait l’agriculture biologique, la biodynamie est peu connue en dehors du monde du vin.

Pour simplifier, disons que l’agriculture biologique se définit surtout par ce qu’on ne fait pas : on n’y utilise aucun produit chimique de synthèse, donc pas de pesticides ou d’engrais chimiques. (1)

La biodynamie est une agriculture qui vise à un équilibre entre la plante et son environnement et recherche l’amélioration de la qualité des produits, donc dans le cas de la viticulture, celle des raisins. (2) En plus des interdictions liées au fonctionnement en bio, elle oblige les cultivateurs à travailler selon des normes précises.

Logo de l'organisme Demeter
Les bases de la biodynamie ont été posées par le philosophe autrichien Rudolf Steiner à partir de 1924, mais son utilisation en viticulture est beaucoup plus récente et ne s’est répandue qu’à la fin du 20e siècle. La biodynamie respecte les principes de l’agriculture biologique mais va plus loin en imposant certaines pratiques, notamment l’amélioration du sol et de la plante par des préparations issues de matières naturelles (végétales, animales ou minérales). L’utilisation de ces préparations ainsi que le travail de la vigne et même certaines phases du processus de vinification doivent respecter un calendrier basé sur les cycles de végétation et le calendrier lunaire.

Certains aspects de la biodynamie, et notamment certaines explications données par Steiner, ont des connotations ésotériques et sont très loin des analyses scientifiques modernes. Cependant, plusieurs idées sont tout à fait d’actualité, par exemple le respect de la biodiversité ou le refus des rendements exagérés. Deux choses sont certaines, la pratique de la biodynamie oblige les vignerons à un entretien extrêmement attentif de leur vigne et elle les pousse à produire des raisins de première qualité. Or même les plus scientifiques des œnologues modernes sont convaincus que ces deux éléments sont indispensables pour élaborer de grands vins.

Il ne faut donc pas s’étonner si nombre de grands domaines viticoles français très réputés opèrent en biodynamie. Mentionnons simplement la Romanée Conti en Bourgogne, le Château Pontet-Canet dans le bordelais, la Coulée de Serrant dans la Loire ou le Domaine Zind-Humbrecht en Alsace. Ces réussites incontestables ont fait de nombreux émules, il y a aujourd’hui plus de 270 domaines viticoles certifiés en biodynamie en France et plusieurs dans de nombreux autres pays. Oui, on trouve même des vignerons californiens qui se convertissent à la biodynamie !

Logo du syndicat Biodyvin
Par souci d’honnêteté envers les lecteurs, il faut souligner qu’il existe aussi un nombre important de domaines viticoles qui produisent de très grands vins sans suivre la philosophie biodynamique. De la même façon, il serait ridicule de prétendre que tous les domaines en biodynamie produisent de grands vins. Le mot biodynamie n’est donc pas le mot magique qui vous permet de choisir un vin sans autre considération, les conseils des spécialistes et des autres amateurs sont toujours importants.

Pour conclure, disons que les vins bios sont bons pour la planète et pour les travailleurs de la vigne, et que ceux produits en biodynamie vont au-delà, en visant d’offrir des vins de meilleure qualité aux consommateurs dans un équilibre harmonieux entre terre, plante et environnement.

Nous continuons toute la semaine nos recommandations de vin bio sur Twitter, suivez notre fil Twitter pour les découvrir chaque jour ou rendez-vous ce vendredi sur le blogue, ils y seront tous les cinq.

À votre santé !

Alain P.

Liens :

      (1)    Définition de l’agriculturebiologique sur Wikipedia
      (2)    Définition de l’agriculturebiodynamique sur Wikipedia
      (3)    Sur le site de l’Institut français de la vigne et du vin - Définitions des nouvelles tendances de la viticulture :raisonnée, biologique, biodynamique...
      (6)    Randall Grahm, personnage singulierdu monde du vin (sur le blogue Millésime de Radio-Canada)

<< Article précédent – Questions et réponses sur les vins bios.



lundi 27 janvier 2014

Questions et réponses sur les vins bios.

[Mise à jour – 23 Mai 2014]

Aujourd’hui, c’est l’ouverture du salon Millésime Bio en France, à Montpellier plus précisément. Nous avons pensé que ce salon, qui regroupe 800 producteurs de 12 pays différents, est une excellente occasion de répondre à quelques questions fréquemment posées sur les vins biologiques.


Q1. Est-ce que le passage de la production des vins en mode bio a un impact sur l’environnement?

Oui, c’est même un impact important car on a évalué il y a quelques années que, dans un grand pays producteur de vin comme la France, la viticulture représente environ 4% de la surface agricole mais consomme 20% des pesticides (1). C’est d’ailleurs logique car, pour produire du vin, on doit récolter un fruit bien mûr, ce qui implique une très longue durée de travail dans la vigne.  En plus, le raisin est un fruit fragile aux maladies et aux insectes et on a besoin de raisins très sains pour obtenir du bon vin. Le passage en bio permet donc d’éviter un grand nombre de traitements chimiques et est bénéfique pour la qualité des sols et de l’eau.

Q2. Est-ce que les vins bios sont meilleurs pour la santé?

Pour les consommateurs il n’y a pas de différence, car les quantités de pesticides présents dans les vins sont toujours très faibles et inférieures aux limites correspondant aux risques pour la santé. En 2013, une étude publiée par le magazine Que Choisir a suscité beaucoup de bruit médiatique, car elle concluait que tous les vins testés, y compris les bios, contenaient des traces de résidus de pesticides (2). Par contre, l’expert qui a réalisé cette étude précise (3) : « Il s’agit de quantités infinitésimales. Aucune inquiétude en termes de toxicité. » Ajoutons que la teneur moyenne en pesticides des vins bios est 11.8 fois plus faible que celle des vins non bios et que, dans plusieurs cas, les traces sont présentes en si faible quantité qu’on ne peut la quantifier (4).

Par contre, les viticulteurs qui épandent les produits sont exposés à des risques importants, car ils sont en contact avec des quantités et des concentrations beaucoup plus fortes. Le vin bio est donc meilleur pour la santé des travailleurs de la vigne.

Q3. On parle maintenant de vins biologiques alors qu’auparavant on disait vins issus de raisins produits en agriculture biologique, quelle est la différence?

Avant le 1er août 2012, la réglementation biologique se limitait à la culture de la vigne, d’où le terme « vin issu de raisins produits en agriculture biologique. » Depuis cette date, le nouveau règlement européen ajoute des restrictions au niveau des pratiques de vinification, limite les intrants (additifs) œnologiques qui peuvent être utilisés ainsi que les quantités de soufre qui peuvent être ajoutées. (5)

Q4. Est-ce que les vins bios sont meilleurs au goût?

Pas nécessairement, on peut trouver de meilleurs et de moins bons vins, autant dans le bio que dans la production traditionnelle. Certes, la réduction du rendement liée au mode bio a un impact positif sur la qualité, mais les bons vignerons utilisent d’autres techniques (taille, vendange en vert, etc.) pour obtenir le même résultat.

Cette semaine, pour célébrer à notre façon le salon Millésime bio, nous allons publier chaque jour une recommandation de vin bio sur Twitter, suivez-nous sur : https://twitter.com/HippoVino pour les découvrir. [Ajout] Comme il devient difficile de retrouver les anciennes publications d’un fil Twitter, les 5 vins en question ont aussi été décrits dans ce billet de blogue : 5vins bios, bons et abordables, ça vous tente?

À votre santé !

Alain P.


Sources et liens :






samedi 25 janvier 2014

14 vins pour débuter 2014, blancs et mousseux (partie 2)

Vendredi dernier nous vous avons commencé cette série avec le billet : 14 vins pour débuter 2014, les rouges. Voici maintenant 7 autres vins, en commençant par les blancs.

Entre le Québec et la France, il existe une grande différence dans l’offre de vins blancs. En Europe on dispose d’une grande variété à prix abordable, particulièrement dans les appellations moins recherchées. On peut donc s’y rafraîchir le palais avec un Muscadet comme celui-ci en provenance du domaine Bruno Cormerais à Clisson, dégusté en Vendée en juin dernier.


Bruno Cormerais est un vigneron indépendant qui travaille très bien, il est régulièrement bien noté par le guide Gault&Millau et a même été recommandé par la célèbre critique Jancis Robinson.

On peut néanmoins trouver un blanc à prix d’aubaine au Québec : le Chenin blanc de la Robertson Winery. Ce vin sud-africain offre un beau mélange de fraîcheur et de saveurs d’agrumes et de pommes, il est parfait à l’apéro ou pour accompagner des poissons blancs. Il a été recommandé par Ronald Georges sur le blogue Millésime de Radio-Canada, qui le trouve « toujours aussi bon ». Il a également été recommandé par Rémy Charest dans le magazine Châtelaine et par Jean Aubry dans Le Devoir (2.5/5 étoiles).

En augmentant un peu notre budget on peut revenir en France pour découvrir un très beau Sauvignon blanc, le Pascal Jolivet Attitude. Pascal Jolivet est un excellent vigneron de la Loire, un spécialiste du Sauvignon dont les Sancerre et Pouilly-Fumé sont très réputés. Sa cuvée Attitude bénéficie de cette expertise et n’a aucun des défauts souvent associés au Sauvignon, pas d’odeur de pipi de chat ici. Un très bon « Sancerre du pauvre » salué par Karyne Duplessis-Piché qui y voit un parfait compagnon du crabe, ainsi que par Jacques Benoit  et Jean Aubry  qui lui attribuent chacun 3 étoiles (sur 5).

Quittons la Loire pour la Bourgogne, magnifique terroir pour les blancs, mais dont les vins sont réputés onéreux. Certes les grands crus et premiers crus peuvent vider un portefeuille, mais il existe quelques perles accessibles au commun des mortels. La Sœur Cadette est un vin de négoce (raisins achetés à d’autres viticulteurs) du Domaine de la Cadette à Vézelay, un Chardonnay frais, fruité, qui se boit tout seul. Il a été recommandé par Karyne Duplessis-Piché, Vincent Alary sur le blogue  « Bu du Québec » et David Santerre sur le blogue  « La Bande des vins ».

On ne peut pas parler de Bourgogne blanc sans parler de Chablis, ni de Chablis sans évoquer la coopérative La Chablisienne. Celle-ci produit des grands crus et premiers crus, mais aussi une cuvée de vieilles vignes (de 40 ans en moyenne, explication du terme dans ce billet), Les Vénérables : cuvée plus abordable que les premiers crus, c’est néanmoins un blanc de grande qualité, avec le côté minéral typique du Chablis. Le 2010 qui est actuellement disponible est noté 16,5/20 par le guide Gault&Millau. Si vous trouvez plutôt du 2008, sachez qu’il a également été très bien noté, notamment par Jacques Benoit et Jean Aubry.


Même si les fêtes de fin d’année sont terminées, aucune loi n’interdit de boire des bulles ! Par contre, le Champagne peut attendre la St-Valentin, contentons-nous d’un bon mousseux. Restons en Bourgogne, une région qui produit de magnifiques crémants, dont le Perle Rare de la maison Louis Bouillot. Avec des bulles très fines, plutôt vineux, Jacques Benoit lui trouve une saveur qui rappelle les Chablis. Essayé durant les fêtes, il a été apprécié de tous et il est vendu à prix très raisonnable pour un mousseux de cette qualité.

En Californie, le Domaine Chandon représente la célèbre firme champenoise Moët&Chandon dans la non moins célèbre vallée de Napa. Il produit un mousseux des plus classiques, le Domaine Chandon Réserve Brut, fait de 80% de Pinot noir et 20% de Chardonnay, très proche de plusieurs crémants européens ou même de certains Champagnes. Si vous visitez la région, sachez que le restaurant du domaine vaut le détour et si vous ne pouvez pas vous y rendre, plusieurs des recettes sont disponibles sur le site.

Bon week-end et à votre santé !

Alain P.

Les liens

Domaine Bruno Cormerais ($)
Critiques :
Guide Gault & MillauJancis Robinson (Financial Times) 
Site du producteur 

Robertson Winery Chenin Blanc ($)
Québec - SAQ 10754228
Critiques :
Ronald Georges (Millésime/Radio-Canada) – Rémy Charest (Châtelaine) – Jean Aubry (Le Devoir) 
Site du producteur

Pascal Jolivet Attitude Sauvignon Blanc ($$)
Québec - SAQ  11463828
Critiques :
Karyne Duplessis-Piché (La Presse) – Jacques Benoit (La Presse) – Jean Aubry (Le Devoir)
Site du producteur 

La Sœur Cadette Bourgogne Blanc ($$$)
Québec – SAQ 11460660
Critiques :
Karyne Duplessis-Piché (La Presse) – Vincent Alary (Bu du Québec) – David Santerre (La Bande des vins)
Site du producteur

Chablis Les Vénérables ($$$)
Québec – SAQ 11094639
Ontario – LCBO VINTAGES 215525 (2009)
Critiques : Guide Gault&MillauJacques Benoit (La Presse) – Jean Aubry (Le Devoir)
Site du producteur

Louis Bouillot Perle Rare, Crémant de Bourgogne ($$$)
Québec - SAQ 884379
France – en vente à l’Imaginarium de Nuit-Saint-Georges 
Critiques :
Jacques Benoit (La Presse) 
Site du producteur

Domaine Chandon Réserve Brut ($$$)
Québec - SAQ 11904321
Ontario – LCBO 218032
Critiques :
Jacques Benoit (La Presse) 
Site du producteur 


mercredi 22 janvier 2014

Les vieilles vignes produisent de meilleurs vins, vrai ou faux?

[Mise à jour 3-01-2017] Nous commençons ici une série d’articles destinée à aider nos lecteurs à mieux comprendre la terminologie des étiquettes de vins.

La mention « Vieilles vignes » en est un bel exemple. En fait, tout le monde comprend qu’on parle de vignes plantées depuis de nombreuses années, mais combien au juste et quel est l’impact sur le vin?


Vous souhaitez une version courte? Voici le résumé : il n’y a pas de définition précise pour ce terme, les vignes dites vieilles sont âgées de plus de 20 ans mais peuvent en avoir plus de 100; en règle générale, elles produisent moins en quantité, mais les vins qui en résultent ont plus de saveurs et sont donc de meilleure qualité. Il y a naturellement des exceptions, certaines vignes jeunes sont extraordinaires et quelques vieilles, de moindre qualité. On ne peut donc juger seulement sur l’âge.

Maintenant, un peu plus de détails pour ceux qui désirent mieux comprendre.

L’âge des « Vieilles » vignes n’est pas  défini ou réglementé de quelque façon que ce soit. Par contre, on considère que des vignes sont âgées lorsque leur rendement diminue, après 20 à 30 ans en général.  Elles produisent alors moins de raisin, ses saveurs sont plus concentrées et en conséquence il devrait mener à un meilleur vin. Une vigne peut produire pendant plus de 100 ans, mais en général elle va s’affaiblir au-delà d’un certain âge et sera alors arrachée pour en planter de nouvelles.

En fait, le nombre d’années correspondant à la mention « Vieilles vignes » dépend souvent du producteur. Si son domaine est relativement récent, il le mentionnera pour des ceps de 25 ou 30 ans, alors que pour d’autres ce pourra être 40 ans ou même beaucoup plus. Il existe en effet de très vieilles vignes qui produisent encore du vin de qualité et pas seulement dans l’ancien monde. Certes, la France possède encore quelques ceps plantés avant la grande crise du phylloxéra (de 1860 à 1900 environ), mais même en Australie, on trouve une vigne plantée en 1843 dans la vallée de la Barossa. Question d’âge, tout est donc relatif, comme le montre l’exemple qui suit.

Dans notre billet du 17 janvier dernier, nous avons parlé du Domaine Labranche-Laffont Vieilles vignes. Cette cuvée de haut de gamme du domaine est produite à partir de ceps de 65 ans et même d’une parcelle de Tannat centenaire (préphylloxérique). C’est vraiment très vieux. Mais le même producteur a aussi une cuvée Domaine Labranche Laffont Madiran Tradition, qui ne mentionne pas «Vieilles vignes » car les ceps sont plus jeunes, alors qu’ils ont néanmoins autour de 50 ans

Évidemment, parler de meilleur vin n’est valable que si on compare des vins semblables sur un terroir équivalent. Des vieilles vignes d’un terroir moyen donneront un vin inférieur aux jeunes vignes d’un terroir de qualité. De plus, d’autres exceptions existent. Des vignes très âgées mais mal entretenues ne pourront pas donner un vin de qualité. Inversement, le fameux vin de Californie qui a gagné la dégustation dite du « Jugement de Paris » en 1976 était issu de vignes très jeunes. L’âge des vignes n’est donc pas un critère de qualité universel et indiscutable. Les avis d’autres dégustateurs sont un indicateur plus fiable, même si ce procédé a également ses limites.

À votre santé !

Alain P.

Liens :


Leçon n°46:Qu'est-ce qu'une "vieille vigne" ? (1/2) et sa suite la Leçon n°47, par David Cobbold sur le site Ecce Vino.


lundi 20 janvier 2014

Mieux utiliser le site Web de la SAQ : astuce #1

Comment voir tous les vins vendus par une succursale particulière?

Le site Web de la Société des Alcools du Québec (SAQ) est une source d’information très utile pour tous les amateurs de vin québécois. Non seulement il contient un catalogue complet de tous les vins (et autres alcools) en vente dans les magasins de notre monopole d’état, mais on peut aussi y trouver de nombreuses autres informations, dont les cépages qui composent un vin, des suggestions d’accords mets-vins, voire même des recettes de cuisine !

Comme plusieurs d’entre vous, je l’utilise souvent pour préparer mes achats et vérifier si je peux trouver un vin que je recherche avant de me déplacer. La fonction « Voir les quantités en succursale » m’est donc très utile.

Cependant, il m’arrive aussi de préparer mon magasinage d’une autre façon. Je sais dans quel magasin je vais aller car je dois me déplacer dans un coin donné pour d’autres raisons et j’ai besoin d’acheter du vin. Si je veux voir quels vins sont offerts à cet endroit, le site Web de la SAQ permet maintenant de les afficher très simplement. Voici la recette.

À partir du menu « À propos », sélectionner « Trouver une succursale », choisissez un code postal ou la combinaison Région/Ville qui vous intéresse, puis, dans la liste qui s’affiche, cliquez sur «Voir la fiche succursale » pour le magasin qui vous intéresse.



La fiche de la succursale contient un lien « Voir les produits de cette succursale » qui permet de naviguer dans le catalogue en ne consultant que les produits de ce magasin.



C’est une fonction vraiment pratique, n’est-ce-pas?

Alain P.

P.S. Naturellement, ce billet sera seulement utile pour les lecteurs québécois. C’est pourquoi j’utilise seulement les tags «Quebec» «SAQ». Les articles dont le contenu sera utile à nos lecteurs européens auront aussi des tags «Europe» et «France». Vous pourrez ainsi filtrer les contenus du blogue selon vos intérêts.


Autre article sur le site Web de la SAQ :  Comment voir les stocks sur SAQ.com




vendredi 17 janvier 2014

14 vins pour débuter 2014, les rouges (partie 1)

Une nouvelle année est une période charnière. Après les excès des fêtes, on prend de bonnes résolutions et on espère ne pas tout lâcher après deux semaines…

Si vos résolutions sont de découvrir et déguster de bons vins sans mettre votre budget à mal, nous vous proposons un coup de main. Nous avons sélectionné 14 vins qui en donnent beaucoup, tout en restant dans des prix raisonnables, voire même fort abordables. Comme il est toujours délicat de se fier à un inconnu – oui, ce blogue démarre, donc vous ne nous connaissez pas encore – nos recommandations sont appuyées par des références de critiques de vins réputés.

Débutons les présentations avec 7 vins rouges.

Pour les étudiants, ou pour ceux qui ont vraiment trop dépensé en cadeaux de Noël ou en festivités, voici 2 vins vendus à prix économiques.

L’Altano, un vin portugais de la région du Douro, est produit par la famille Symington, propriétaire de nombreuses grandes maisons de Porto (Graham’s, Cockburn’s, Dow’s, etc.). C’est un assemblage de 3 cépages typiques du Douro, Touriga Franca, Tinta Roriz et Tinta Barocca. Le 2011, qui est en vente actuellement, a été recommandé par Jacques Benoit dans sa chronique du journal La Presse (Note :15 / 20), par Marc André Gagnon sur VinQuébec (Note : 2.5/5 étoiles) ainsi que par Jean Aubry dans Le Devoir (Note : 2.5/5 étoiles). Jean Aubry le qualifie de bon choix pour les viandes grillées.


Rendons-nous ensuite en Espagne, plus précisément en Murcie, pour découvrir Hécula, produit par Bodegas Castano. Élaboré à 100% avec le cépage Monastrell, il nous vient de l’appellation peu connue Yecla (DO, équivalente aux AOC en France), voisine de celle de Jumilla. Le 2009 est un beau vin rouge corsé remarquable pour son prix, noté 16.8/20 par Jacques Benoit qui en avait fait sa recommandation de lasemaine. Alain Lebel, du site Les Fidèles de Bacchus, lui accorde 4 étoiles(sur 5). Jean Aubry le propose avec les viandes braisées ou fumées.

En augmentant légèrement notre budget, on peut aller un peu plus au Nord, en France, découvrir Les Vignes de Bila-Haut, un vin du Roussillon. Le célèbre vigneron et négociant français Michel Chapoutier produit ce Côtes du Roussillon-Villages, dont le 2010 a figuré 38e dans le fameux Top 100 du magazine Wine Spectator. Les cépages sont la Syrah, la Grenache et le Carignan. Remarquable de constance chaque année, c’est aussi un vin très bien distribué, donc facile à trouver en France ou au Canada.

Retour en Espagne, dans la région de La Rioja, pour déguster La Montesa du célèbre vigneron Àlvaro Palacios. Plus connu pour ses vins du Priorat, A. Palacios a néanmoins un domaine en Rioja, où il produit des vins à base de Grenache, comme La Montesa. La fameuse sommelière Véronique Rivest n’hésite pas à qualifier ce rouge de délicieux et à le recommander pour accompagner des mets bien relevés comme un tartare de bœuf, un couscous ou un tajine.

Franchissons de nouveau les Pyrénées pour aller cette fois dans le Sud-Ouest de la France. Les vins du Madiran ne sont pas des plus connus, pas plus que le cépage Tannat, quasiment exclusif à cette appellation (on en trouve aussi au Pays Basque français et en Uruguay). Le Domaine Labranche Laffont est mené par Christine Dupuy et son Madiran de vieilles vignes de Tannat est un rouge costaud tout à fait remarquable. Disons simplement que Jacques Benoit a accordé 16.5/20 aumillésime 2009 et Jean Aubry 3.5/5 étoiles au 2010. Il sera parfait avec un cassoulet au confit de canard, mais si vous le laissez 5 ans en cave, ce sera encore mieux. N’oubliez pas de l’aérer avant de servir mais si vous n’aimez que les vins rouges légers, mieux vaut passer votre tour.

Le Sud-Est de la France a aussi beaucoup à offrir en matière de vins rouges. Les Béates, c’est un Coteau d’Aix-en-Provence provenant du domaine du même nom, qui est opéré par un vigneron indépendant travaillant en agriculture biologique. Je l’ai découvert suite à cette recommandation de Vincent Alary du blogue « Bu duQuébec » et cet assemblage de Syrah, Grenache noir et Cabernet Sauvignon est désormais dans mes choix réguliers pour accompagner les viandes rouges. Jean Aubry trouvela cuvée 2011 très zen et même inspirante !

Pour finir en beauté, nous allons traverser les Alpes pour rencontrer Elisabetta Foradori. Elle produit un rouge italien à partir du Teroldego, un cépage aussi vieux que peu connu. Il en résulte un superbe vin unanimement salué par les critiques, dont Frédéric Fortin sur le blogue SAQ Cellier, Jacques Benoit dans La Presse et JeanAubry dans le Devoir. Malgré toutes ces recommandations, il en reste quelques bouteilles à la SAQ, gâtez-vous, moi j’en ai déjà dans mon cellier !

On se revoit vendredi prochain pour la suite des 14 vins pour débuter 2014. Cette fois nous discuterons de blancs, de rosés et de bulles… D’ici là, n’hésitez pas à utiliser les commentaires ci-dessous, votre feedback sera apprécié et nous permettra de mieux répondre à vos attentes.

Bon week-end et bonnes dégustations !

Alain P.

Les liens



Les Vignes de Bila-Haut ($$)
Québec - SAQ 11314970
Ontario - LCBO Vintages 168716

La Montesa ($$)
Québec - SAQ 10556993
Critiques :
Véronique  Rivest (Le Droit)

Domaine Labranche Laffont Vieilles Vignes ($$$)
Québec - SAQ 00914192 
Critiques :
Jacques Benoit (La Presse)Jean Aubry (Le Devoir)

Site du producteur

Les Béates ($$$)
Québec - SAQ 11358260 
France – en vente sur le site du producteur
Critiques :
Vincent Alary (Bu du Québec) - Jean Aubry (Le Devoir)

mercredi 15 janvier 2014

Bienvenue sur le nouveau blogue HippoVino !

Voilà, ça y est, on démarre le blogue !

Ceux qui nous suivent sur Twitter depuis quelque temps savent qu’HippoVino est un nouveau projet de site Web et de médias sociaux sur le monde des vins.

HippoVino se veut une plate-forme Web de découverte et de partage pour les vins et les informations les concernant. En effet, vous êtes de plus en plus nombreux à vous intéresser au vin et à souhaiter en savoir plus sur le sujet.

Oui, il y a déjà beaucoup de sites Web pour vendre du vin ainsi que des médias et des blogues qui en parlent. Notre but est justement de guider votre navigation dans cet océan d’informations. Comptez sur nous pour souligner les informations intéressantes et utiles.

Le site Web est actuellement en cours de développement, il sera en ligne en 2014.

Nous lançons le blogue dès aujourd’hui pour vous permettre de commencer la découverte. Vous y trouverez  bien sûr des recommandations de vins, mais aussi des rencontres avec les gens qui les produisent (vignerons, négociants et oenologues), ceux qui en parlent (critiques, chroniqueurs et blogueurs), ceux qui vous les servent (sommeliers et restaurateurs), ceux qui vous les vendent (détaillants et cavistes) sans oublier les amateurs.

Nous allons également parler des endroits où ils sont produits (pays, régions, appellations), consommés (bar à vins et restaurants). Nous traiterons également des enjeux de production ou de distribution, ainsi que de dégustation et de nombreux autres sujets en lien avec la dive bouteille.

Ce blogue s’adresse à tous ceux qui s’intéressent au vin, nous aurons donc  du contenu pour les amateurs, les passionnés et les pros, mais pas question d’utiliser un langage incompréhensible, vive la simplicité.

Enfin, nous espérons intéresser les lecteurs francophones du Québec et des autres provinces canadiennes ainsi que les européens. Nous nous efforcerons donc de préciser différentes sources d’approvisionnement lorsque c’est approprié.

Voilà pour l’introduction, rendez-vous dans deux jours pour une première chronique !

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