vendredi 28 février 2014

Québec et vins de Cahors, une histoire d’amour ! Des vins pour les patients… VDV#63

Les québécois adorent les vins de Cahors : ils en ont bu plus de 1 400 000 bouteilles en 2012 ! Le Québec est donc, pour l’instant, le principal marché d’exportation de ce qu’on appelle le « vin noir ».

Ce volume permet à la SAQ d’offrir beaucoup de choix puisque 61 Cahors sont actuellement disponibles dans les magasins de notre monopole d’état. En comparaison, on en trouve 9 à la LCBO ontarienne et seulement 5 chez BCliquorstores en Colombie-Britannique. Le vaste choix offert par la SAQ est même supérieur à ce qu’on peut trouver dans la plupart des magasins français, qu’ils soient cavistes spécialisés ou grandes surfaces.

Les vins rouges de Cahors proviennent du sud-ouest de la France, plus précisément du département du Lot, situé un peu à l’est de Bordeaux. Ils sont produits avec un cépage particulier, le côt, appelé localement auxerrois mais plus connu sous son nom international, le malbec.  Vinifié avec une macération longue, les rouges de Cahors ont une couleur violacée particulièrement sombre, d’où le terme de vin noir. On y ajoute souvent un peu de merlot et de tannat (le cépage du Madiran). Ce sont des costauds, des vins puissants, chaleureux et charpentés mais qui ne manquent pas de fruit dans leur jeunesse.

La seconde partie du titre vous a peut-être intrigué, pourquoi les Cahors sont-ils pour les patients? Non, ils ne sont pas servis dans les hôpitaux, quoiqu’on prétende que le tsar Pierre Le Grand en ait utilisé pour se soigner. En fait, le cahors demande de la patience à plusieurs niveaux. Ses producteurs doivent attendre, car son élevage dure typiquement de un à trois ans. De plus, ce sont des vins de garde, les grands cahors sont à leur meilleur après plusieurs années. Enfin, les cahors ne manquent pas de tanins, il est donc préférable de les aérer avant le service. Le consommateur patient prendra le temps de passer son vin en carafe, celui qui comme moi est plutôt impatient utilisera un aérateur.

Pour finir, je vous en recommande trois.

Dans les vins rouges abordables, les Chatons du Cèdre est un de mes favoris. Un assemblage de malbec et merlot d’une constance exemplaire chaque année, c’est un beau rouge à apprécier en toute simplicité avec une viande grillée. Il est aussi recommandé par Jacques Benoit, Bill Zacharkiw et Philippe Lapeyrie.

En augmentant un peu le budget, on peut s’offrir Le Combal du vigneron Mathieu Cosse. C’est un assemblage de malbec, merlot et tannat, un vin très équilibré avec de la fraîcheur, du fruit et des tanins bien présents mais doux. Il est très bon avec un confit de canard. Aussi recommandé par Hélène Dion, Jean Aubry et Philippe Lapeyrie.

Légèrement plus cher, le grand frère de nos chatons est le Château du Cèdre, un grand cahors qui peut attendre en cave quelques années. Fait à 90% de malbec, élevé plus de 20 mois en fûts, c’est le parfait compagnon pour un cassoulet, un plat d’agneau ou du gibier. Jean Aubry y voit un cahors au faîte de ses possibilités. Pour Marc André Gagnon c’est un très beau vin de Cahors d’un équilibre parfait. Alain Lebel lui accorde 4 étoiles. Que dire de plus?

Alors soyez patient, prenez le temps de découvrir votre cahors favori, de l’aérer avant le service et bien sûr de le déguster en bonne compagnie. Ensuite, partagez votre expérience avec nous via les commentaires ci-dessous ou les médias sociaux !

Bonne dégustation !

Alain P.

P.S. Merci à Maïlys du blogue VeryWineTrip de m’avoir invité à participer aux vendredis du vin sur le thème « L’éloge de la patience ». Si vous aimez lire sur le vin, je vous recommande son blogue, il est bien écrit et on y fait plein de belles découvertes.

Les liens



Site du producteur :
Château du Cèdre

mercredi 26 février 2014

Rencontre avec Robert Herrera du Restaurant Les Cavistes, à Montréal

Introduction : Robert Herrera est une personnalité bien connue dans le milieu montréalais du vin et de la restauration. Par contre, peu de gens savent qu’il  est titulaire d’une maîtrise en économie, oui, l’économie peut mener à tout, même à une carrière dans la restauration et le vin ! Son premier restaurant était le Gutenberg, ouvert en 1999, un des premiers restos de Montréal à offrir un véritable choix de vins au verre. Robert a ensuite été un des pionniers du développement des vins d’importation privée au Québec : dans son travail à la Brasserie Holder, puis dans ses propres restaurants, Les Cavistes. Le premier, sur la rue St-Denis, est aujourd’hui fermé mais une nouvelle mouture est en opération sur la rue Fleury ouest. Ce resto, en fait un bistrot de quartier et bar à vin, a d’ailleurs beaucoup de succès dans le quartier Ahuntsic.

(AP) Bonjour Robert, merci d’avoir accepté de participer à nos rencontres du mercredi !

(RH) C’est un plaisir Alain, quel sujet veux-tu aborder aujourd’hui?

(AP) L’idée de ces rencontres est de permettre aux gens du vin de parler de ce qui leur tient à cœur, je te laisse donc l’initiative.

(RH) Alors, j’aimerais parler de l’importation privée, car c’est très important pour nombre de restaurants aujourd’hui et les clients n’en comprennent pas bien les raisons.

(AP) Excellent, alors explique-nous pourquoi c’est important !

(RH) Actuellement, nos clients viennent dans un esprit de découverte, ils recherchent des nouveautés constamment. C’est d’ailleurs la vocation des Cavistes : la découverte ! Les vins au verre et les importations privées sont des éléments clés pour répondre à ces besoins. Nous changeons notre carte des vins aux 6 à 8 semaines. Il y a maintenant beaucoup d’agences qui offrent de nombreux produits. Personnellement, j’estime cette offre à au moins 2000 vins différents et ce sont, pour la grande majorité, des vins de petits producteurs.

Le fonctionnement en IP (importation privée) permet aux restaurateurs de réserver des quantités pour garantir leur approvisionnement, ce qui n’est pas possible à la SAQ. Il est donc plus facile d’offrir des nouveautés et de gérer tous ces changements aux cartes de vins, tout en évitant les ruptures de stock. Imprimer une nouvelle carte, c’est faire une promesse aux clients mais si le vin n’est plus disponible après 2 semaines, ça ne va pas bien du tout.

(AP) Et la question des prix?

(RH) Certains clients pensent que les vins en IP coûtent moins cher ou qu’ils sont utilisés pour cacher les prix d’achat. C’est doublement faux. D’une part, les quantités importées étant moindres, les coûts d’achat sont plutôt plus élevés qu’à la SAQ, une fois les frais d’agence comptabilisés. Ensuite, on ne peut pas jouer avec les prix ou faire des cachettes car le client qui a un téléphone intelligent peut trouver sur Internet les prix des vins en quelques secondes. Les avantages des vins IP sont dans le choix et la meilleure gestion des inventaires.

(AP) Ta carte des vins ne mentionne pas bio, biodynamie, vin nature, pourquoi?

(RH) Je préfère que le client aborde le vin sans préjugé, qu’il apprécie le contenu de son verre. Trop de gens ont des préjugés sur le bio, favorables ou non, selon les personnes. Il y a des bons vins produits de toutes les façons.

(AP) Pour finir, as-tu une suggestion pour nous?

Photo Bodegas Bernabeleva
(RH) Absolument, le Navaherreros, un vin de la région de Madrid, région qui est une D.O. (note HippoVino - équivalent espagnol des AOC) depuis la 2e guerre mondiale environ. Il est représenté ici par l’agence Vini-Vins. Le vignoble avait été acheté par un médecin dans les années 1920, puis est resté quasiment à l’abandon pendant la dictature de Franco. Il a été repris par les petits-enfants du docteur en 2000.

Avec de vieilles vignes de Grenache, ils font un vin d’une fraîcheur étonnante, aucune lourdeur malgré les 15.5% d’alcool. Je l’appelle le gros ours, à cause de son logo… C’est un très très beau vin ! Servi avec une entrecôte bordelaise juste saisie, pas trop grillée, c’est une pure merveille !

(AP) Merci beaucoup Robert pour ce bel entretien et surtout, continue à nous faire découvrir des bons vins !

Alain P.

Note pour la transparence : HippoVino n’a aucun lien avec le restaurant Les Cavistes. Je vous présente Robert ici parce que ses connaissances du vin et de la restauration sont vraiment impressionnantes, mais sachez néanmoins que je le considère aussi comme un ami. Je n’hésite pas à vous recommander son restaurant et ses ateliers sur les vins, car j’ai toujours aimé mes expériences personnelles aux Cavistes. Je ne prétends pas à l’objectivité absolue, essayez le resto, c’est le meilleur moyen de vous faire votre propre idée.

Liens



Le NAVAHERREROS sur le site de son producteur, Bodegas Bernabeleva (en anglais)

Site de l'Agence Vini-Vins (en développement actuellement)

Notre rencontre précédente : Rencontre avec Hélène Dion, sommelière

mardi 25 février 2014

Autres médias du vin au Québec

La semaine dernière nous avons commencé notre exploration des médias du vin au Québec dans ce premier article qui vous présentait les principaux. Le vin étant un sujet très populaire au Québec, il serait vraiment injuste de ne pas en mentionner davantage. Voici donc la suite de nos sources d’informations d’origine québécoise. Notez que la liste qui suit est limitée aux médias francophones – à une exception près, mais c’est un incontournable – et aux publications « professionnelles » accessibles sur le Web. Certaines chroniques sont en format blogue, mais nous consacrerons un autre article aux « véritables » blogues, qui sont publiés de façon indépendante des grands médias.

Commençons par le quotidien anglophone de Montréal.

The Gazette
Si vous lisez l’anglais, ne manquez pas cette chronique, rédigée de main de maître par Bill Zacharkiw. Il écrit avec style sur différents sujets et recommande chaque semaine plusieurs vins à prix variés. Les vins ne sont pas notés mais décrits dans un langage clair, que tout un chacun peut comprendre. J’aime cette chronique car Bill explique bien ses goûts personnels, ce qui permet au lecteur d’adapter la vision qu’il nous présente en fonction de ses propres préférences.

Les médias électroniques

Radio-Canada – Blogue Millésime

La chronique Millésime, écrite par Ronald Georges, aborde différents aspects du mondo vino. Elle contient également quelques vins et des commentaires de dégustation. Les billets sont brefs et représentent un bel effort de vulgarisation du vin, dans une langue accessible à tous.

TVA / Salut Bonjour

Philippe Lapeyrie, un sommelier très connu au Québec, est l’auteur du guide annuel « Lapeyrie du Vin ». Les suggestions de vins de sa chronique à l’émission populaire Salut Bonjour sont disponibles sur le Web. Il met l’accent sur les accords mets-vins et donne pour chaque bouteille une brève description du type de vin permettant à chacun de savoir s’il est dans sa palette de goûts.

Les médias Web

Canoe.ca Art de Vivre

La chronique de Patrick Désy offre des recommandations de vins avec commentaires de dégustation et accords mets-vins. Les vins sont notés sur une échelle de 1 à 5 étoiles.

Huffington Post Québec

La section vin de la version québécoise du Huffington Post est tenue par Yves Mailloux, le fondateur du Club des Dégustateurs de Grands Vins. Ses textes sont informatifs ou polémiques, mais chaque semaine apporte aussi son lot de recommandations, accompagnées de commentaires de dégustation détaillés.

SAQ Cellier (magazine et blogue)

Le magazine Cellier de la SAQ a longtemps été un magazine de vin prestigieux au contenu impressionnant. Sa nouvelle mouture plus légère semble encore chercher sa vocation, mais la présentation visuelle est toujours superbe et le dernier numéro prometteur pour l'avenir. Le blogue Cellier offre un contenu vraiment intéressant, avec des textes très vivants, des commentaires de vins fort bien écrits ainsi que quelques vidéos. L’équipe est constituée de Frédéric Fortin, Kler-Yann Bouteiller, Isabelle Deslandes, Hélène Dion, Julie Perreault et Justin Rouette.

Méchants raisins (blogue)

Trois chroniqueurs sont aux commandes de ce blogue publié sur le site du Journal de Montréal : Claude Langlois, Patrick Désy et Mathieu Turbide. Le contenu est varié et le ton est plutôt orienté pour les passionnés du vin.

Casatv.ca : Hop la vie! Pop le vin! (blogue)

Le titre décrit bien le style des chroniques très enlevées de la populaire sommelière et animatrice Jessica Harnois. Un blogue très vivant avec recommandations de vins et d’accords mets-vins.

Les médias régionaux

Le Courrier de Saint-Hyacinthe

Nous vous avons présenté l’excellente sommelière Hélène Dion dans cet article. Sa chronique dans le Courrier de Saint-Hyacinthe est accessible sur le Web. Elle est toujours bien écrite et contient de belles recommandations, souvent originales.

La Voix de l’Est

La chronique LE TOAST DE THÉA est rédigée par Théa Lamoureux-Allard, une passionnée du vin, tout aussi passionnée par l’envie de partager ses nouvelles découvertes.

 Bonne lecture et à votre santé !

Alain P.

Liens

The Gazette – Wine (Bill Zacharkiw)
Journal de Montréal – Méchants raisins
Casatv.ca – Hop la vie! Pop le vin! (Jessica Harnois)
Le Courrier de Saint-Hyacinthe – Chroniques vins (Hélène Dion)
La Voix de l’Est - LE TOAST DE THÉA (Théa Lamoureux-Allard)

Notre premier article sur le sujet : Les Médias du vin au Québec


vendredi 21 février 2014

Du vin comme avant le phylloxera, aujourd'hui on boit comme autrefois !

Un vin à saveur préphylloxérique... Oui, ça existe !

Si je vous disais qu’il s’en est fallu de peu pour qu’un minuscule puceron éradique entièrement la viticulture européenne au milieu du 19e siècle, vous auriez des doutes n’est-ce pas ? Pourtant, c’est la vérité.

Pour faire une histoire courte, le phylloxéramaladie causée par un insecte piqueur qui s’attaque principalement au système racinaire de la vigne – a été observé en France au début des années 1860 et n’a pas tardé à s’installer dans tout le vignoble européen. Le parasite serait apparu à la suite de l’importation de plants américains voués à lutter contre l’oïdium.

Des vignes de gamay greffées prêtes à être plantées
dans le Beaujolais
Après quantité de tentatives infructueuses pour enrayer le phylloxéra (traitements chimiques, méthodes culturales alternatives, etc.), des chercheurs trouvent une solution : greffer la partie fructifère des vignes françaises (Vitis vinifera) sur des porte-greffes américains (Vitis rupestris et autres). Après tout, ces derniers avaient depuis toujours cohabités sans dommage avec l’insecte, de l’autre côté de l’Atlantique.

Désormais, mis à part le Chili et certains secteurs de l’Argentine et de l’Australie du sud, la quasi totalité du vignoble mondial a été touché et, dès lors, les vignes greffées se retrouvent pratiquement partout. Il est donc très rare de pouvoir déguster des vins élaborés à partir de plants non greffés – les francs de pied –, mais la cuvée Vinifera du Domaine de la Charmoise

Vous dites ?

Vous croyez qu’il est quelque peu paradoxal de parler d’un vin issu de vignes non greffées dans un billet qui annonce ma collaboration avec Hippovino ; qui sous-entend en quelque sorte que je me «greffe» à l’équipe de rédaction… Bon, je m’égare. Revenons au vin.

Depuis 1995, la famille Marionnet élabore ce vin unique en son genre en appellation Touraine. Encore plus intéressant que le 2011, ce gamay 2012 se démarque par sa pureté et sa buvabilité. Plus mûr que le millésime précédent, ce sont les fruits rouges (cerise et framboise) qui s’affirment d’abord, pour ensuite laisser la place à de discrètes notes épicées et à une pointe minérale. La texture en bouche est parfaitement équilibrée ; l’acidité est bien placée et il y a juste assez de tannins et d’amertume pour donner envie de casser la croûte. Vivement les charcuteries !

Un vin racé et agréablement digeste qui vous donnera possiblement envie d’ouvrir un autre vin de Marionnet, le Domaine de la Charmoise 2012. Même millésime, même cépage, même appellation, même vinification, mais avec des vignes greffées… Vous tentez la comparaison ?

Partagez vos commentaires si vous faites l’expérience !

Frédéric Fortin

P.S. Pour revenir à ma participation au blogue, il est vrai que vous pourrez désormais me lire ici, une fois par mois. Suggestions de vins, comptes rendus d’événements vinicoles, trucs et astuces… le tout en essayant de demeurer le plus loin possible de la rigidité – à ne pas confondre avec rigueur ! –  qu’on accole parfois au monde du vin. À bientôt !

Liens

Henry Marionnet Vinifera Gamay 2012 ($$$)
Québec – SAQ – 11844591 (23,55 $) – Voir disponibilité SAQ
Domaine de La Charmoise Touraine Gamay 2012 ($$)
Québec – SAQ – 00329532 (18,00 $) – Voir disponibilité SAQ

France : vente en ligne disponible ici (par le producteur)


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mercredi 19 février 2014

Vins et médailles, comme aux Jeux Olympiques?

[Mise à jour 27-02-2017] Non, il n’y a pas de concours de vin équivalent aux Jeux Olympiques où les médaillés seront les prochains Petrus et Cheval-Blanc ! Mais ces palmarès, malgré les critiques d’une partie de la presse spécialisée,  sont très appréciés par les consommateurs.

Très visibles sur les étiquettes de vins, toujours mentionnées sur les sites ventes en ligne et sur ceux des producteurs, les médailles des concours de vin ont une influence marquante sur les ventes d’une bouteille : 10% de plus selon cette étude. Lorsqu’on circule dans un rayon et qu’on hésite entre plusieurs crus totalement inconnus, la médaille apporte ce sceau de confiance qui emporte la décision.

Par contre, j’entends souvent des questions sur la valeur de ces médailles. En cherchant sur Internet vous trouverez des visions totalement contradictoires. Certains expliquent comment fonctionnent les concours, la sélection de dégustateurs professionnels, la rigueur des processus de dégustation à l’aveugle, les nombreuses vérifications, bref toutes les bonnes raisons qui valident les palmarès. D’autres sont très critiques et n’y voient que de la poudre aux yeux pour les non-initiés. Essayons d’y voir clair.

Les critiques soulignent souvent le fait que les vignobles doivent payer pour participer. Ce n’est pas une objection valide : pour toute épreuve, sportive ou non, il y a des frais d’inscription.

La représentativité est une bonne question. Naturellement tous les vignobles ne sont pas présents, les grands crus évitent les concours de peur de ne pas gagner et les moins bons ne seront pas là parce qu’ils sont certains de perdre. Plusieurs soulignent le nombre de médailles : tous les concours ont de nombreuses catégories et de 25% à 33% des vins présentés finissent avec une médaille. Là encore, cela ne signifie pas que les médailles ne valent rien. On peut au contraire en conclure que choisir un vin médaillé évite d’acheter les 70% qui sont moins bons.

Le gagnant d’un concours de vin ne se mesure pas au chronomètre mais par des notes. Comme pour certaines épreuves olympiques, il y a donc une part de subjectivité dans le résultat. Pour la réduire, les notes sont la moyenne de plusieurs juges et ceux-ci utilisent une grille de calcul commune. Par contre, il est clair que les critères utilisés correspondent à une vision « classique » de l’appellation ou de la catégorie en compétition. Dans ces conditions, les vins atypiques ont peu de chance de médaille. On peut le regretter, mais c’est certainement conforme aux attentes d’une majorité de consommateurs.

Finalement, comme aux J.O., il y a la question des tricheurs. En effet, les concours jugent des échantillons fournis par les producteurs et certains en profitent pour envoyer des bouteilles bien sélectionnées, voire même carrément différentes des produits en vente sous la même étiquette. Les mêmes techniques sont d’ailleurs utilisées pour les bouteilles fournies à des critiques ou auteurs de guides de vins. Pour circonscrire le problème, plusieurs concours n’hésitent pas à procéder à des vérifications sur les vins gagnants qui leur paraissent suspects, en achetant des bouteilles dans le commerce. Mais les tricheurs existent, dans le vin comme ailleurs, hélas.

Personnellement, je lis énormément sur les vins, je parle avec des professionnels et j’ai donc en général plein de recommandations avant d’acheter. Cependant, je m’amuse aussi à faire quelques choix au hasard, en me basant sur des critères variés – parfois le visuel de l’étiquette, chut ne le répétez pas, les sommeliers vont avoir un haut le cœur – juste pour le plaisir de la découverte. De temps en temps je me décide pour un vin médaillé comme par exemple ce Chemin des Olivettes 2011, un Coteaux du Languedoc. J’ai trouvé que c’était un bon rouge, bien équilibré, avec de belles saveurs de fruit, une bonne surprise finalement. J’ai découvert ensuite qu’il avait été très bien noté par Jacques Benoit et Alain Lebel.

En conclusion, on peut donc dire que les médailles de concours de vin aident à orienter le choix de consommateurs qui manquent de points de repère et cherchent à éviter les déceptions. Par contre, elles ne remplacent pas les avis des spécialistes, surtout si vous cherchez à sortir des sentiers battus.

À votre santé !

Alain P.

Liens

Pour plus de détails sur ce vin, accéder à sa fiche avec les informations générales et les liens vers critiques, fiche technique, producteur, agence et site SAQ :

Chemin des Olivettes Cave de Roquebrun (Hipponote 3* $$ SAQ : 16.55 $)

mardi 18 février 2014

Les Médias du vin au Québec

Trouver de l’information fiable sur les vins n’est pas aussi facile qu’on pourrait le croire. En 2014, on a Internet, Google, les médias sociaux, bref, plein de possibilités. Par contre, on se rend rapidement compte que d’une part, les premières pages de résultats Google sont quasi-monopolisées par wine-searcher et les sites de vente en ligne. Ensuite, on peut trouver de nombreux commentaires provenant de sources aussi inconnues que diverses. Sont-elles des promotions déguisées, comme il y en a tant sur les sites de voyage, ou bien de vrais commentaires mais issus de dégustateurs improvisés qui parlent des 3 premiers vins qu’ils ont goûté dans leur vie?

L’objectif principal d’HippoVino est de vous faciliter la navigation dans toutes ces informations sur les vins. Les meilleures informations peuvent provenir de critiques de vins des grands médias, des blogueurs, des producteurs ou de leurs associations. Certains intermédiaires comme les agences de promotion  au Québec, diffusent également des infos très utiles. Ce billet est le début d’une série destinée à partager nos meilleures sources et nous commençons par les principaux médias parlant de vin au Québec.

Quotidiens - Plusieurs grands journaux quotidiens ont une rubrique vin.

La Presse
La Presse offre une page vins hebdomadaire chaque samedi pour la version imprimée et une rubrique très complète sur le site Web, avec des nouvelles quotidiennes.

Jacques Benoit est le critique de vins, il recommande 6 vins chaque semaine. Sa chronique contient toujours un sujet sur le monde du vin, un choix de la semaine plus 5 autres vins, notés sur 20. En plus de la note, chaque vin est commenté dans un langage accessible, en précisant le type de vin et ses caractéristiques les plus importantes. Plutôt qu’une liste d’arômes et de saveurs, ses commentaires sont axés vers les éléments qui guident les choix des consommateurs, ce qui les rend fort utiles à mon avis. Il ne mentionne que des vins de très bon niveau, mais ses notes sont plutôt basses. Son 17/20 vaut un 90 chez Robert Parker.

Encore dans La Presse, Karyne Duplessis-Piché est la journaliste qui publie les nouvelles quotidiennes, les nouveaux arrivages à la SAQ et un « vin du samedi ». Celui-ci n’est pas noté mais commenté avec verve et enthousiasme.

Le Devoir
Dans Le Devoir c’est Jean Aubry qui est à la barre de la rubrique Art de Vivre – Vin depuis plusieurs années déjà. Il publie chaque semaine dans le journal du vendredi ainsi que sur le site Web. Sur le Web, les articles généraux ou les entrevues de vignerons sont parfois dans la zone réservée aux abonnés, mais les 5 choix de vins de la semaine sont librement accessibles. La sélection de la semaine contient toujours un vin abordable (moins de 15$) et un vin « émotion », autrement dit une recommandation appuyée. Les vins sont notés de 1 à 5 étoiles, 2 étoiles signifiant bon, 3 étoiles excellent et 4 étoiles exceptionnel. Jean Aubry a une plume très alerte et même brillante, ses commentaires sont très agréables à lire, quasiment de la poésie.

Le Journal de Montréal publie chaque mercredi une recommandation de vin de Claude Langlois, mais sur le Web elle n’est accessible qu’aux abonnés. On peut trouver d’autres commentaires de Claude sur le blogue « Les méchants raisins ». J’y reviendrai dans le billet sur les blogueurs du Québec.


Le Droit
La célèbre sommelière Véronique Rivest a une rubrique dans le journal Le Droit, rubrique également disponible sur le site Web de la Presse. Véronique ne note pas les vins mais les recommande toujours avec sa passion et sa fougue habituelles.

Magazines - Le Québec compte également deux magazines consacrés au vin.

Publié 4 fois l’an, Les Fidèles de Bacchus, par Alain Lebel, est un magazine disponible en kiosque ou sur abonnement, aussi présent sur le Web sous forme de site ou d’infolettre. Les vins sont notés de 1 à 5 étoiles. Le site Web contient une section hebdomadaire présentant une dizaine de vins plus des listes de meilleurs vins par catégories de prix.

Vins & Vignobles est un magazine publié 6 fois par an disponible en kiosque ou sur abonnement. Plusieurs journalistes réputés y collaborent mais sa présence Web est minimale.

Web

Le site Web Vin Québec est publié par le journaliste indépendant Marc-André Gagnon.  Il contient des nouvelles sur le monde des vins, mises à jour sur une base quotidienne ainsi que de nombreuses notes de dégustation. Contrairement à certains autres critiques qui ne parlent que des vins qu’ils recommandent, il publie également ses mauvaises expériences. Le site contient également des listes de meilleurs vins par prix ou par catégories. Les vins sont notés de 1 à 5 étoiles et un bref commentaire accompagne chaque note.

Bonne lecture et à votre santé !

Alain P.

Liens









vendredi 14 février 2014

Seul pour la St-Valentin? Gâtez-vous !

La St-Valentin est une date merveilleuse pour tous ceux qui sont en couple, mais un jour moins apprécié par les personnes seules. Effectivement, ce n’est pas le meilleur moment pour une sortie en solo au restaurant ! Mais ce n’est pas une raison suffisante pour déprimer, notre conseil : charité bien ordonnée commence pas soi-même, dit le proverbe, alors profitez-en pour vous gâter à la maison !

Préparez-vous ou achetez un de vos plats préférés, concoctez quelques petites bouchées pour l’apéro, un dessert à votre goût pour finir, voilà pour le menu. C’est un jour de fête, installez une belle table, deux bougies et il ne manque que le vin pour compléter le portrait !

Vous méritez ce qu’il y de mieux, alors on débouche le Champagne ! Justement, nous en avons trois excellents à vous proposer. Comme votre menu ne se prête pas nécessairement à un souper 100% champagne, nous en avons choisi qui sont disponibles en demi-bouteilles. Parfait pour une personne seule, pas vrai?

Commençons par le choix de James Bond : le Bollinger Spécial Cuvée Brut, un champagne de grande classe qui a la réputation d’être le meilleur des non millésimés (voir note plus bas). Fait à 60% de Pinot noir avec un peu de Chardonnay et de Pinot meunier, il est fermenté en fût de chêne. Avec des saveurs complexes et une bonne longueur, il peut être apprécié seul ou accompagner un repas.  C’est le top du champagne selon Jean Aubry, qui l’a noté 4 étoiles.

Le Louis Roederer Brut Premier fait également l’unanimité chez les critiques. Il a accumulé les bonnes notes, autant dans Wine Spectator et Wine Advocate que dans le guide français Bettane Desseauve ou chez les journalistes du Québec. Fait à égalité de Pinot noir et Chardonnay avec un peu de Pinot meunier, la Revue du Vin de France le voit à la frontière du brut d’apéritif et du vin de gastronomie.  

La maison Billecart-Salmon est très réputée pour ses champagnes rosés. Elle produit également un blanc très agréable, le Billecart-Salmon Brut Réserve, fait surtout de Chardonnay et de Pinot meunier, avec un peu de Pinot noir. C’est un champagne tout en fraîcheur et en élégance, qui a été noté 4 étoiles par Jean Aubry et 16.5/20 par le guide Gault&Millau. Il est très bon en apéritif ou pour accompagner un dessert aux fruits ou aux amandes.

Que vous soyez seul(e) ou non pour la St-Valentin, toute l’équipe d’HippoVino vous envoie tout plein d’amour ! On aime beaucoup nos lecteurs :-)

Nous vous invitons aussi à utiliser la fonction commentaire pour envoyer encore plus d’amour à ceux et celles qui sont seul(e)s pour la St-Valentin, allez-y, c’est très simple !

À votre santé !

Alain P.

P.S. Les trois sont des champagnes de grande maison en version non millésimée. Ils sont donc produits par assemblage de cuvées de plusieurs années différentes. Cette façon de faire permet d’obtenir un style de vin assez semblable d’une année sur l’autre, une constance très appréciée des consommateurs. Certains puristes préfèrent les champagnes plus typés, soit de cuvée millésimée ou de petits producteurs. Il y en a effectivement d’excellents, mais comme aucun n’est disponible en demi-bouteille au Québec, ils ont été exclus de notre sélection pour ce billet.

Les liens




Notre autre billet sur la St-Valentin : trois vins pour dire je t’aime !

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mercredi 12 février 2014

Rencontre avec Hélène Dion, sommelière

CRÉDIT PHOTO: Krystel V. Morin – Photographe
Introduction : Hélène Dion, diplômée de l’Université des Vins de Suze la Rousse en France, est professeure de sommellerie à l’Institut de Tourisme et d’Hôtellerie du Québec (ITHQ). Elle écrit dans le magazine SAQ Cellier et le blogue du même nom, et elle tient également une chronique vin dans le Courrier de Saint-Hyacinthe. Hélène Dion est co-auteure, avec Jacques Orhon, du livre « Les vins du Nouveau Monde – Tome 3 Amérique du Nord », qui a obtenu un prix de l’Organisation internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Personnellement, j’ai connu Hélène lorsque nous avons collaboré à la publication du blogue Club Vinearius.

Après cette introduction, vous avez certainement compris qu’Hélène s’y connaît en matière de vins. Comme elle est en plus très sympathique, notre rencontre fut des plus agréables. Voici le résumé de nos échanges.

(AP) – Bonjour Hélène, c’est un honneur pour le blogue HippoVino de pouvoir commencer notre série de rencontres du mercredi avec toi. Merci beaucoup d’avoir accepté notre invitation.

(HD) – Avec plaisir, merci de m’avoir invitée !

(AP) – Ayant travaillé quelque temps avec toi, je peux témoigner que tu es une passionnée du monde du vin. Peux-tu nous parler de cette passion?

(HD) –  Personnellement, j’aime beaucoup découvrir comment le vin est lié à l’histoire ou la géographie d’un pays ou d’une région. On peut apprendre beaucoup en s’intéressant aux vins et bien sûr à ceux qui vivent de tous les métiers qui y sont reliés. Donc pour moi la passion du vin ne se limite pas à la dégustation. J’adore rencontrer les vignerons et échanger avec eux.

(AP) – Oui, j’ai déjà remarqué que, comme moi, tu aimais beaucoup apprendre ! Mais j’ai aussi noté ton intérêt pour le travail des vignerons.

(HD) –  Effectivement, j’ai un immense respect pour le travail des vignerons. Produire du vin est un travail énorme et je trouve très important de dépasser les notes, les commentaires de dégustation pour comprendre et communiquer le sens derrière tous ces efforts. Le vin est important car c’est le produit final, mais ce qui est significatif est beaucoup plus que le contenu d’une bouteille. J’adore partager tout ça, incluant le vin lui-même, autant avec les amis qu’avec les étudiants de l’ITHQ.

(AP) – Aurais-tu un coup de cœur récent à partager avec nous?

(HD) –  Mon dernier coup de cœur est pour un vin rouge grec du domaine Alpha Estate. J’ai adoré cet assemblage Syrah / Merlot / Xinomavro, un vin riche, bien équilibré, avec un beau côté épicé et une complexité surprenante. Un vin qu’on aime partager !

(AP) – Merci beaucoup Hélène et j’espère avoir l’occasion de te croiser dans une dégustation bientôt !


Bonne lecture !

Alain P.

Liens



Alpha Estate Syrah / Merlot / Xinomavro 2008 ($$$)

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