dimanche 30 août 2015

Entrevue avec Jessica Harnois, porte-parole de la Fête des Vendanges Magog-Orford

HV. Bonjour Jessica, merci pour cette entrevue téléphonique ! Puisque tu en es la porte-parole, parle-nous de la Fête des vendanges !

JH. Merci à toi ! Je suis vraiment très heureuse d’être la porte-parole de cet événement. D’abord je tiens à encourager la découverte des vins du Québec, qui ont connu une évolution extraordinaire. Je suis très fière de nos vins et j’aime les présenter, même quand je voyage à l’étranger, ils le méritent !


Et il n’y a pas que les vins. Quand j’ai rédigé mon guide Vins et fromages du Québec, avec André Caron, j’ai dégusté 800 produits du Québec et j’ai pu constater la diversité fantastique et la qualité remarquable des produits de notre terroir. Plusieurs de ces produits sont présentés à la Fête des vendanges, ce qui en fait un événement auquel on peut aller avec toute la famille.

D’abord, c’est peu dispendieux, on en a pour son argent et il y a de quoi amuser tout le monde, c’est une fête, son nom le dit ! J’aime y amener ma fille et on peut aussi venir avec des ados. Il y a plein de choses intéressantes à déguster, les jeunes aiment faire ce genre de découvertes. Il y a aussi la zone des petits raisins, super pour les enfants, et même pour certains adultes. En plus, la section des artisans et la scène musicale gratuite – avec une super programmation cette année encore, bravo Francis Demers – sont appréciées de tous.

Finalement, on peut rencontrer les top-chefs du Québec à l’académie gourmande Provigo. Comme ce sont aussi d’excellents vulgarisateurs, on apprend plein de bons trucs pour la cuisine.

C’est un événement vin qui n’a rien d’austère ni de pédant, il est très bien organisé et le fun ! Et cette année, ils ont prévu un nouveau système de ventilation qui rendra les tentes confortables, même quand il fait chaud.

HV. Pour les quelques personnes au Québec qui ne connaissent pas encore Jessica Harnois, peux-tu te présenter?

J.H. Je suis avant tout une passionnée de vins. J’ai découvert le monde des saveurs et des arômes toute petite, grâce à mes parents, qui fréquentaient les organisateurs des émissions de cuisine. J’ai eu la chance d’être mentorée par Gaston L’Heureux, l’animateur de la fameuse émission Vins et fromages.

J’ai donc étudié pour devenir sommelière, puis après quelques années, je suis devenue acheteuse à la SAQ. Ceci m’a permis de commencer à parcourir le monde pour découvrir de nouveaux vins, ce que j’ai adoré faire et que j’adore encore continuer aujourd’hui. Après la SAQ, j’ai étudié en communications et maintenant je me passionne à outiller les gens pour découvrir et apprécier le vin.

J’ai créé l’agence Vins au féminin, qui fournit des services d’animation en sommellerie. On utilise le concept des dégustations Vegas (sur le principe des tournois de golf Vegas) où les participants de tous les niveaux peuvent s’amuser à découvrir la dégustation, chacun amenant la balle un peu plus loin. D’ailleurs, on a un kiosque à la Fête des vendanges et les gens peuvent venir y découvrir le vin en s’amusant.

HV. J’ai une dernière question. On a l’impression que Jessica Harnois est partout en même temps, comment est-ce possible?

JH. Haha, c’est que je suis bien entourée. J’ai une équipe très forte qui partage les mêmes valeurs et à qui je fais confiance. On veut promouvoir les produits locaux et surtout démocratiser le vin en tirant les connaissances vers le haut. Et il faut faire ça en respectant le budget de chacun, car tout le monde n’a pas les mêmes moyens à consacrer au vin. Mais ce qui unit l’équipe, c’est la passion du vin et une passion qui se vit avec le sourire, car le vin c’est du plaisir avant tout !

HV. Merci Jessica et au plaisir de te rencontrer en personne à la Fête des Vendanges Magog-Orford la semaine prochaine !


Hippovino y sera, achetez vos billets dès maintenant et quand vous serez à la Fête des vendanges, passez-nous voir à notre kiosque !


Hippovino



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jeudi 27 août 2015

Rabais SAQ Chacun ses petits prix, jusqu’au 30 août

Pour la fin du mois d’août, la SAQ a décidé de mettre l’accent sur des rabais pour près de 75 vins et alcools à prix abordables. Voici notre sélection de 6 bons vins à prix réduits. Rappelons que, comme pour tous nos billets sur les rabais SAQ, nous sélectionnons des vins qui seront encore de bons achats une fois les rabais terminés. Mais si vous voulez magasiner à prix réduit, vous avez jusqu’au 30 août pour vous les procurer !

Pour une fois, la sélection de vins blancs en rabais n’est pas en reste, yes !

Commençons par l’Entrecoeur Sauvignon Blanc de la maison Bouey. Un IGP Côtes de Gascogne des plus rafraîchissants mais qui ne tombe pas l’exagération variétale trop souvent associée à ce cépage.  Bravo à la maison Bouey pour ce blanc parfait pour accompagner une assiette de moules marinières.

Presque au même prix, on trouve aussi le Masi Modello qui nous vient de la Vénétie. Un vin fait principalement de pinot grigio, simple mais pas insignifiant et très facile à boire. Il est aussi très polyvalent et peut se boire à l’apéro, avec des poissons, des crevettes grillées et sûrement bien d’autres bonnes choses.

Juste sur la limite psychologique des 15 $, on nous propose le Pinot Blanc Willm Réserve dont nous vous avions parlé dans le billet : Les vins de Pinot blanc, synonymes de fraîcheur. Probablement le meilleur vin blanc vendu à ce prix à la SAQ, profitez-en !

Dans les rouges, on peut acheter un vin portugais du Douro à moins de 10 $, le Vila Regia. Produit avec les cépages typiques de cette appellation, c’est la version toute en légèreté et en souplesse de ces vins. Vous voulez servir un rouge à l’apéro pour de nombreux convives? Passez-le 20 minutes au frigo et vous ferez des heureux !

Vous cherchez un vin rouge bio à moins de 15 $? Essayez-donc l’Aranleon Blés Crianza,un vin produit avec les cépages monastrell et cabernet sauvignon, qui comme le dit le terme Crianza, a passé plusieurs mois en fût de chêne. Avec un hamburger gourmet, vous m’en direz des nouvelles !

Pour un rouge plus costaud, le Madiran Tour Bouscassé du fameux vigneron du Sud-Ouest Alain Brumont, fera l’affaire. Le tannat est ici assemblé avec du cabernet sauvignon et du cabernet franc pour une cuvée que plusieurs de vos convives risquent de confondre avec un Bordeaux de la rive gauche. Très bien fait, comme tous les vins d’Alain Brumont d’ailleurs. Pour les viandes rouges, cuisson saignante.

Si vous aimez les vins de Cahors, le Château Lamartine Cuvée Particulière est fait pour vous. Il reste encore quelques bouteilles de l’exceptionnel millésime 2011 dans certaines succursales, sautez sur l’occasion si vous en trouvez une ! Je n’ai pas goûté le 2012, mais le magazine Decanter le juge fort convenable. Et à 20.65 $, vous ne risquez rien, vu la constance de ce domaine. Un cassoulet au confit de canard lui ira à ravir.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Cliquez sur les noms des vins pour accéder aux fiches Hippovino qui contiennent les liens vers les sites des producteurs, les critiques, les fiches descriptives, les agences et bien sûr le site de la SAQ.


mardi 25 août 2015

Conserver une bouteille de champagne ouverte, c’est possible?

Oui, on peut conserver une bouteille de mousseux ou de champagne après son ouverture ! Bonne nouvelle, n’est-ce pas? Vous allez pouvoir en boire plus souvent !

Comme pour la conservation des bouteilles de vin dont nous parlions la semaine dernière, il faut prendre quelques précautions mais c’est quand même très simple. Par contre, vous avez absolument besoin d’un bouchon spécial pour cet usage, comme celui sur la photo ci-dessous, par exemple.


Ce qui conditionne la conservation d’un vin effervescent, c’est la capacité de conserver le gaz qui produit les bulles. Donc, si le bouchon n’est pas assez hermétique, votre mousseux deviendra un vin tranquille (sans bulles) après quelques heures seulement. Avec un bon bouchon, les bulles vont continuer à se dégager après avoir rebouché la bouteille et la pression va augmenter. Il est donc capital d’utiliser un bouchon capable d’y résister, sinon il va sauter sans attendre votre autorisation.

Comme pour un vin, la conservation au frigo en position verticale est importante. Par contre, tant qu’il y aura du gaz carbonique dans la bouteille, votre champagne ou mousseux évoluera lentement, car il sera peu sujet à l’oxydation.

Combien de temps peut-il se conserver? De 48 à 72 heures, voire 1 à 2 jours de plus s’il reste plus de la moitié de la bouteille et qu’elle n’a pas été réouverte. Moins il reste de vin dans la bouteille, moins il y aura de pression et donc plus le gaz se dissipera rapidement.
Moralité, on ne garde pas les fonds de bouteille, on les termine !

À la bonne vôtre !

Alain P.

P.S. Le truc de la cuiller dans le goulot est un mythe sans aucun fondement. D’autre part, si vous avez sabré la bouteille, elle est impossible à reboucher de façon sécuritaire. Finalement, évitez les bouchons bricolés, la pression est 2 à 3 fois supérieure à celle de vos pneus, c’est beaucoup !

Note : on trouve ce genre de bouchon dans toutes les boutiques d’accessoires de vin. Les modèles avec des clips qui se referment sur les bords du goulot sont les plus pratiques.


vendredi 21 août 2015

Vins d’Alsace multi-cépages, les Gentils et les autres, pas vraiment méchants

Quand on pense aux vins d’Alsace, on pense spontanément aux cépages uniques tels que riesling, gewurztraminer, qui font la signature du vignoble alsacien depuis de nombreuses années. C’est en effet une des seules appellations AOC françaises où le cépage soit aussi clairement affiché. Cependant, si vous pensez que tous les vins d’Alsace sont ainsi produits avec un seul et unique cépage, détrompez-vous, il existe quelques exceptions. Mentionnons tout d’abord que la vinification mono-cépage est relativement récente et ne fut officialisée qu’avec le décret d’AOC de 1971.

Photo Hugel & Fils
Les alsaciens multi-cépages les plus connus sont les Gentils, une dénomination qui correspond aux assemblages des cépages dits nobles (riesling, pinot gris, gewurztraminer et muscat). Dans la version de l’appellation Alsace actuelle, ces cépages nobles doivent représenter au moins 50% du volume et peuvent être complétés de sylvaner, de pinot blanc ou de chasselas. Chaque cépage doit être récolté et vinifié séparément. Le Gentil doit faire mention du millésime et ne peut être commercialisé qu’après une dégustation d’agrément après la mise en bouteilles.

Le Gentil le plus connu sur la planète est celui de la maison Hugel de Riquewihr, les champions de l’exportation de leur coin de pays.  Il faut dire que la famille Hugel cultive la vigne en Alsace depuis 1639, c’est donc une très longue tradition familiale. La portion noble du Gentil Hugel est composée de 23% de Pinot Gris, 20% de Riesling, 11% de Gewurztraminer et 2% de Muscat. C’est un vin blanc vif plutôt parfumé, avec des arômes et saveurs de fleurs et d’agrumes. Il est à son meilleur pour accompagner les cuisines asiatiques, même lorsque les plats sont légèrement épicés.

Marcel Deiss est un vigneron alsacien qui ne fait rien comme les autres. Non seulement c’est un pionnier de la biodynamie, mais il aime dynamiter les idées reçues et remettre au goût du jour les anciennes pratiques viticoles. Un bel exemple vient de sa cuvée nommée tout simplement Alsace Marcel Deiss, qui est produite avec les 13 cépages alsaciens plantés et récoltés sur une même parcelle puis vinifiés ensemble. C’est ce qu’on appelle la complantation. Autrefois utilisée en Alsace pour produire des vins appelés Edelzwicker, elle est pratiquement abandonnée aujourd’hui, sauf chez notre fameux Marcel. Ce genre de culture amène son lot de défis, car il est beaucoup plus difficile de contrôler l’évolution de plants de vigne aussi variés dans un tel espace de proximité. La décision de quand vendanger est aussi plus complexe, puisque les différentes variétés de raisin n’évoluent pas à la même vitesse. Mais Marcel Deiss semble très bien maîtriser la chose puisque cette cuvée est superbe et toujours saluée par les critiques. Elle montre des variations d’une année sur l’autre, les saveurs de litchi du gewurztraminer étant plus ou moins présentes selon les millésimes. On note aussi des vins plus vifs et d’autres avec une légère sucrosité, mais l’arc en ciel d’arômes et de saveurs est toujours au rendez-vous. Personnellement, je les achète chaque année et ils donnent toujours d’excellents résultats avec les sushis. C’est aussi un très bon vin d’apéro.

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La pratique des vins multi-cépages semble revenir à la mode en Alsace. En clin d’œil aux Gentils, il existe un Voyou dont j’ai parlé dans un billet précédent. Il y aussi la cuvée Trilogie de la maison Barmès Buecher, que je n’ai pas encore eu la chance de goûter, mais qui s’attire nombre de critiques élogieuses.

Bonnes dégustations et à la bonne vôtre !

Alain P.

P.S. La complantation n’est pas pratiquée qu’en Alsace, je vous ai déjà parlé d’un Champagne ici et d’autres régions et pays ont aussi travaillé de la même façon.


Pour boire du Gentil Hugel en haute altitude, il suffit de prendre un vol Classe Affaires sur All Nippon Airways !


lundi 17 août 2015

Conserver une bouteille de vin ouverte, combien de temps?

La question de la conservation des bouteilles de vins une fois ouvertes est une de celles qu’on me pose le plus souvent. Il faut dire qu’on fait de plus en plus attention à notre consommation d’alcool, ce qui est évidemment une excellente chose. Voici donc quelques réponses et mes conseils à ce propos.

Peut-on conserver une bouteille de vin ouverte?

La réponse est oui pour la grande majorité des vins à condition de prendre quelques précautions.

Les exceptions sont les très vieux vins (10 ans et plus) et les vins qui ont commencé à être altérés par un défaut (ils vont se dégrader rapidement). Ajoutons que les vins naturels (avec peu ou pas de sulfites) se conservent peu (ou même pas du tout) en règle générale.

Combien de temps peut-on conserver une bouteille ouverte?

Cela dépend de beaucoup de facteurs, mais les vins courants se conservent bien de 3 à 5 jours avec quelques précautions.

Les vins oxydatifs et  certains vins particuliers (porto tawny par ex.) peuvent se conserver nettement plus longtemps.

Est-ce que le vin sera exactement identique le lendemain ou après?

Non, il va évoluer sous l’effet du contact avec l’oxygène de l’air. Les arômes disparaissent en général dans les 24 ou 48h. Les saveurs changent lentement et demeurent plus longtemps.

S’il avait besoin d’aération, le vin peut même s’améliorer dans les premiers jours. Ensuite, l’oxydation  va s’installer et altérer progressivement arômes et saveurs. Finalement, on peut avoir un problème bactérien ou un développement d’acide acétique et le vin va se gâter rapidement.

http://bit.ly/1vecfqf

Comment faire pour que notre bouteille se conserve mieux et plus longtemps?

Tout d’abord, il faut garder nos vins (blancs, rouges ou rosés) bouchés et placés à la verticale dans le frigo. Le froid va ralentir l’oxydation et la prolifération des bactéries. La position verticale réduit la surface en contact avec l’air et évite le contact avec le bouchon.

On peut faire encore mieux en réduisant l’oxygène présent dans la bouteille. Pour cela il faut utiliser une pompe à vide (Vacuvin ou semblable) ou une bouteille d’azote. La pompe à vide est moins coûteuse, mais il faut pomper plusieurs coups (au moins 25 si la bouteille est à moitié pleine, plus s’il reste moins de vin). L’azote permet une meilleure conservation des arômes. Dans les deux cas, il est aussi impératif de garder la bouteille à la verticale dans le frigo.

Sortir les vins rouges du frigo ½ heure à 45 minutes avant le service.

Est-ce que le vin se conserve mieux au frigo ou à la cave?

C’est mieux au frigo car la température est plus basse.

Et pour les champagnes et mousseux?

Ce sera le sujet d’un prochain billet : Conserver une bouteille de champagne ouverte, c’est possible?

Et pour les portos?

On en parle sur cet autre billet : Conservation des portos Tawny, LBV et Vintages, combien de temps et comment?

À la bonne vôtre !

Alain P.

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jeudi 13 août 2015

Cépages bordelais, à Bordeaux et ailleurs…

L’arrivée des vins du nouveau monde a mis l’accent sur les cépages et, comme Bordeaux est l’icône suprême du monde vinicole, les cépages de cette région bénéficient d’une immense popularité.

Les termes « cépages bordelais » et « assemblage bordelais » sont d’ailleurs très courants aujourd’hui et sont surtout utilisés pour les rouges. Rappelons qu’assemblage est le terme œnologique pour mélange, les vins de Bordeaux regroupant habituellement plusieurs cépages. Les deux cépages rouges les plus populaires en bordelais sont le merlot et le cabernet-sauvignon. Ils sont souvent assemblés avec du cabernet franc, du petit verdot et parfois du malbec. Le merlot mûrit plus rapidement et donne des rouges souples et faciles d’accès. Le cabernet sauvignon produit des vins plus corsés et tanniques. En variant les proportions des cépages, on peut doser le type de vin produit.

On divise traditionnellement le vignoble bordelais selon les deux rives de la Gironde. Sur la rive droite on trouve notamment les régions de Saint-Emilion et Pomerol, et le cépage dominant est le merlot. Médoc et Graves sont sur la rive gauche et là, c’est le terroir de prédilection du cabernet-sauvignon.

Ces cépages sont aussi cultivés ailleurs en France, en Californie, au Chili, en Afrique du Sud mais aussi, comme nous allons le voir plus loin, en Italie et au Canada.

Nous avons parlé de vins de Bordeaux à plusieurs reprises sur ce blogue, mais jamais encore de l’appellation Blaye Côtes de Bordeaux (appelée Premières Côtes de Blaye de 1938 à 2008). Ce vignoble se situe sur la rive droite de la Gironde, exactement en face de la zone d’appellation Médoc. Le Roland La Garde Prestige est le second vin du Château Roland La Garde, appartenant au vigneron Bruno Martin, qui convertit actuellement son vignoble à l’agriculture biologique. J’ai acheté ce vin par curiosité, suite au coup de cœur mentionné dans le nouvel arrivage Cellier de Juillet. J’ai été impressionné par l’équilibre de cette cuvée où le 15% de cabernet sauvignon apporte structure et intensité, le tout demeurant bien fruité et facile à boire. Il a fait l’unanimité des convives avec des tranches de gigot d’agneau grillées sur le barbecue. La preuve qu’il existe encore de très bons rapport qualité-prix dans le bordelais ! Il est doté d’un bouchon de bonne qualité et pourra se conserver encore 4 ou 5 ans en cave.

L’Italie est un autre terroir où les cépages bordelais donnent d’excellents résultats, avec parfois des prix aussi élevés que pour les grands crus du bord de la Gironde, hélas. Comme le précédent, c’est un vin peu présent dans la critique, mais j’ai acheté le Venda Colli Euganei Rosso car j’avais beaucoup aimé d’autres vins de la maison Vignalta. Cet assemblage à 80% de merlot provient de la zone la plus élevée de la petite appellation Colli Euganei, dans la Vénétie. J’ai bien aimé ce rouge moyennement corsé, souple mais avec une bonne intensité et je vous le recommande pour accompagner vos prochains steaks frites (ou burgers frites).

Quand on voit les mots « Grand Vin » sur une étiquette, cela ne veut pas dire grand-chose en général, mais le Grand Vin d’Osoyoos Larose mérite pleinement ce terme. Cet assemblage des 5 cépages rouges bordelais à prédominance de merlot nous provient de la Vallée de l’Okanagan en Colombie Britannique. Le domaine appartient au groupe Taillan, également propriétaire du cru classé bordelais Gruaud Larose, qui apporte son savoir-faire depuis le début du vignoble en 1998. Les derniers millésimes sont moins tanniques que les plus anciens, mais il s’agit néanmoins d’un rouge solide qui mérite un séjour de plusieurs années en cave. Bonne structure, boisé noble, une bonne dose de fruits noirs, difficile à distinguer d’un Bordeaux de la rive gauche de belle facture, indéniablement parmi les meilleurs vins rouges canadiens. Les prochaines années sous la houlette du jeune œnologue Mathieu Mercier sont prometteuses, on vous en reparlera certainement.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Fiche du Roland La Garde Prestige sur Hippovino (Hipponote 3* $$$ SAQ : 23.30 $) avec liens vers le producteur, la fiche technique et l’agence.

Fiche du Vignalta Venda Colli Euganei Rosso sur Hippovino (Hipponote 3* $$ SAQ : 19.05 $) avec liens vers le producteur, la fiche technique, l’agence et la critique de Gambero Rosso.

Fiche du Grand Vin d’Osoyoos Larose sur Hippovino (Hipponote 3.5* $$$$$ SAQ : 45 $) avec liens vers le producteur, la fiche technique, l’agence et  les critiques de Jean Aubry, Yves Mailloux et Marc André Gagnon.


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mardi 11 août 2015

Tous deux rouges mais si différents !

J’entends souvent des gens dire « moi, je préfère les rouges », plus de 70% des vins offerts à la SAQ sont d’ailleurs de cette couleur. Cette phrase semble dire que la couleur est suffisante pour définir un vin, ou autrement dit que tous les vins rouges se ressemblent. Si vous le pensez, c’est probablement que vous buvez toujours la même chose, car il en existe une incroyable diversité.

Si vous ne me croyez pas, voici deux rouges qui sont carrément à l’opposé l’un de l’autre et tous deux à l’écart des vins de consommation courante.

L’Arbois Ploussard les Parelles nous vient du Jura, dans l’est de la France. D’entrée de jeu, il se distingue par sa couleur pâle aux reflets orangés, une caractéristique de ce cépage très particulier. Le ploussard, plus souvent appelé poulsard, est  le cépage rouge le plus répandu de cette petite région viticole qui cultive son originalité. Non, Harry Potter n’a rien à voir là-dedans et les vignerons du Jura ne sont pas des sorciers, quoique…

Revenons à notre Ploussard les Parelles, un vin rouge très léger mais qui ne manque pas de saveur. Arômes et saveurs de fruits sont bien nets et les tanins sont complètement fondus, c’est donc le vin glouglou par excellence. Un très bon rouge d’apéro qui est aussi à l’aise avec les viandes blanches et les poissons. C’est un rouge à ne pas carafer et à boire rapidement car l’oxydation tue ses arômes et diminue ses saveurs. On n’en garde pas pour le lendemain.

La Cuvée Laïs du Domaine Olivier Pithon est produite dans le Roussillon, à proximité de la Méditerranée et de la frontière espagnole. Même si on est encore en France, on est ici dans un terroir et un climat très différents de ceux du vin précédent. Les cépages utilisés sont grenache noir, carignan, mourvèdre et syrah. Le vigneron est le frère cadet du talentueux Jo Pithon, qui œuvre dans la Vallée de la Loire et dont nous avions parlé dans ce billet : Treilles, chenin et regrets.

La Cuvée Laïs est rouge sombre avec des reflets violacés. C’est un rouge costaud, qu’il faut aérer avant de servir et qui, une fois ouvert, survit très bien quelques jours au frigo. Un vin charnu aux arômes de cuir et de garrigue, aux saveurs de fruits noir et aux tanins bien présents (élevage en cuve béton, pas de bois). Il accompagne le magret de canard, l’agneau ou encore un steak au poivre bien saignant.

Il reste malheureusement très peu de ces deux vins à la SAQ (voir mise-à jour plus bas), vous risquez de devoir attendre un prochain millésime pour les goûter. Notre monopole les a probablement classés comme des vins particuliers, pour amateurs avertis et en a commandé trop peu car vous êtes de plus en plus nombreux dans cette catégorie. Suivez-nous sur les médias-sociaux ou abonnez-vous à HippoVino Hebdo et nous vous signalerons les prochains arrivages.

D’ici là, si vous cherchez un vin rouge pour ce soir ou cette semaine, le site Hippovino et le blogue en ont plein à vous recommander.


[Mise à jour 17-07-2016] Le millésime 2014 Du Ploussard les Parelles est disponible (juillet 2017). Pour la cuvée Laïs, il n'en reste plus, mais on suvrveille son retour.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Fiche de l’Arbois Ploussard les Parelles sur Hippovino (Hipponote 3* $$$ SAQ : 20.80$) avec liens vers les critiques, la fiche technique, les sites du producteur, de l'agence et de la SAQ.
Fiche de la Cuvée Laïs du Domaine Olivier Pithon sur Hippovino (Hipponote 3.5* $$$ SAQ : 27.15 $) avec liens vers les critiques, la fiche technique, les sites du producteur, de l'agence et de la SAQ.

mardi 4 août 2015

Vins AOC-AOP-IGP : appellations et différences

Le système des appellations d’origine des vins européens est plus simple qu’il n’y paraît au premier abord. Voici un petit guide de base pour s’y retrouver.

Contrairement aux pays du nouveau monde qui présentent leurs vins par les cépages et une désignation géographique plutôt générique, la France (comme l’Italie,  l’Espagne et le Portugal), a depuis fort longtemps défini ses vins selon le lieu d’origine de la vigne. Celui-ci peut correspondre à une vaste région, comme la Bourgogne, mais peut aussi être extrêmement précis et limité à un village ou même quelques parcelles seulement.

L’arrivée de la réglementation européenne a forcé certains changements, mais a aussi permis un effort d’harmonisation qui ne peut être que bénéfique. Chaque pays a néanmoins pu conserver sa propre dénomination pour permettre à leurs consommateurs de garder leurs points de repère. Les appellations qui suivent sont celles utilisées en France mais j’ai aussi inclus les acronymes équivalents des pays voisins.


Commençons par les AOC (Appellations d’Origine Contrôlée), les plus restrictives des appellations françaises, pour qui le terme européen est Appellation d’Origine Protégée (AOP). Donc pour les vins français, AOC ou AOP sont équivalentes, le vigneron peut afficher l’une ou l’autre, à condition de respecter la norme définie par l’INAO (aujourd’hui Institut national de l’origine et de la qualité – anciennement Institut National des Appellations d'Origine). Cette norme couvre beaucoup plus que l’emplacement de la culture de la vigne. Elle définit également les cépages utilisés et leurs proportions, les méthodes de culture et de taille des vignes,  les rendements maximaux (en hectolitres par hectare), le degré d’alcool (min et max), les techniques de vinification et les durées d’élevage avant la commercialisation. En Italie, Portugal ou Espagne, les équivalents sont les DOC, DOCG ou DO.


Les IGP (Indication Géographique Protégée) sont des appellations géographiques dont le cahier des charges est moins restrictif : la zone géographique est plus large  et il y a plus de latitude pour les choix techniques de viticulture et de vinification. Depuis 2009 en France, ces IGP ont remplacé la dénomination Vin de Pays (VDP) et leurs cahiers des charges ont dû être adaptés pour correspondre aux normes européennes. En Italie, l’équivalent est IGT et en Espagne, c’est VT.

Au dernier niveau, on trouve les Vins de France qui regroupent les vins dont l’origine géographique n’est pas spécifiée et qui sont définis via leurs cépages ou des noms de marque.

En théorie, les vins de meilleure qualité sont des AOC-AOP et ceux de  qualité intermédiaire sont des IGP, mais en pratique les choses sont un peu différentes.

La réalité est que si les règles des AOC offrent une garantie que le vigneron n’a pas fait n’importe quoi, il reste beaucoup de latitude pour faire des vins de qualités très différentes. La gestion des cahiers des charges par des comités, qui recherchent des consensus sur des questions techniques très pointues, est très lourde et peu évolutive. Elle ne permet pas de suivre les évolutions des techniques de viticulture et d’œnologie et plusieurs vignerons talentueux choisissent de déclasser leurs vins en IGP ou même en Vin de France, par exemple pour utiliser des cépages différents ou en proportions différentes (voir un exemple ici).

Au final, le système des appellations est donc utile pour garantir aux consommateurs que les vins qu’ils achètent respectent un minimum de normes, mais il est insuffisant pour juger de la qualité des vins qu’ils achètent. Son plus gros inconvénient – qui serait le plus simple à régler, mais les comités rendent l’évolution très pénible – est qu’il interdit certaines mentions sur les étiquettes, par exemple les cépages, une information pourtant jugée très utile par les clients.

Lire les critiques, comme celles qu’on peut trouver sur les fiches du site Hippovino, demander les conseils d’un sommelier ou déguster avant d’acheter restent donc les meilleures méthodes pour choisir vos vins.

À la bonne vôtre !

Alain P.

P.S. L’étiquette des vins AOC peut présenter les vins de 2 façons différentes. Par exemple, pour les vins de Bourgogne on peut écrire « Bourgogne, Appellation d’Origine Contrôlée » ou bien « Appellation Bourgogne Contrôlée ».

Vous pourrez trouver sur de vieilles bouteilles des appellations V.D.Q.S. (Vin Délimités de Qualité Supérieure). Cette appellation intermédiaire a disparu dans la transition européenne et ces vins sont devenus soit des AOC ou des IGP.

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