vendredi 30 octobre 2015

Trois vins rouges pour Halloween

Les citrouilles sont sorties, les costumes sont prêts, les enfants ont très hâte de ramasser une tonne de bonbons, bref, Halloween est pour demain ! Voici donc trois vins rouges parfaitement adapté à une fête agréablement diabolique.

L’âme noire évoque certainement l’esprit du diable en personne, mais l’Alma Negra est plutôt un vignoble argentin de la région de Mendoza. Ernesto, le frère de la grande vigneronne Laura Catena, est plus connu pour son côté touche-à-tout, mais il a manifestement hérité du talent familial pour les choses de la vigne. Son vignoble à plus de 1000 m d’altitude et est en culture biologique. La cuvée Alma Negra M Blend est un assemblage de malbec avec un peu de bonarda, un cépage très répandu en Argentine. Comme tout malbec qui se respecte, il a une couleur sombre digne de son nom, mais c’est un vin au style moderne, aux tanins si parfaitement enrobés qu’il paraît suave en bouche. Beaucoup de fruits noirs avec des touches épicées, bref, un vin pour accompagner les grillades de viande à la mode des gauchos ou une assiette de côtes levées sauce BBQ. C’est aussi le vin de la semaine sur HippoVino Hebdo.

Vous rencontrerez sans doute de nombreuses sorcières sur votre route le soir d’Halloween, mais n’ayez-pas peur de faire la connaissance des Sorcières du Clos des Fées. Une cuvée d’Hervé Bizeul, un vigneron du Roussillon un peu sorcier, dans le bon sens du terme, dont les vins s’attirent nombre de critiques élogieuses. Malgré tout, ses cuvées ne naissent pas d’un coup de baguette magique, comme le montre bien son quotidien, relaté avec talent sur son blogue. Mais le travail en vaut la peine, cet assemblage de syrah, grenache, carignan et mourvèdre donnant un rouge assez corsé, toujours équilibré, qui demande une bonne aération pour livrer ses saveurs de cerises noires relevées de petites notes fumées. Un vin charpenté qui accompagne bien les toulouses grillées, l’agneau ou le canard.

Pour attirer ceux qui préfèrent des vins plus souples, le diable a créé le merlot. Ils se laisseront entraîner par le Velvet Devil Merlot du mystérieux Charles Smith, ex gérant de groupe rock reconverti en vigneron dans l’état de Washington. Malgré le trident sur l’étiquette, rien de piquant dans ce rouge tout en fruit, aux tanins aimables et sans aucune lourdeur,  qui se boit tout seul. On le commence à l’apéro et on continue avec une bavette grillée.

Happy Halloween !

Alain P.

jeudi 29 octobre 2015

Questions sur le vin les plus demandées à Google

Tout est parti d’un billet du site français la Feuille de Vigne qui analysait les requêtes les plus populaires sur Google France. J’ai donc décidé d’essayer de faire le même test sur Google Canada et oui, les requêtes sont un peu différentes. Alors, voyons un peu ce qui vous tracasse.

Le vin …

Après le restaurant « le vin papillon », manifestement très populaire, le livre le vin pour les nuls a aussi des adeptes et sinon vous avez des idées de grandeur et recherchez le vin le plus cher du monde, rien de moins. La question de savoir si le vin fait grossir turlupine donc les français(es) mais pas nous.

Vin pour…

Je ne sais pas si c’est que vous adorez les chats ou si vous voulez les empoisonner, mais c’est le vin pour chat qui remporte la palme ! Cette invention stupide d’une firme japonaise a réussi à battre des records de click-baiting, ici comme en France.

Vin dans…


La question du vin dans la bible vous fascine autant qu’en France, mais ici on ne met pas de vin dans notre soupe. Les tests de la technique de vieillissement du vin au fond de la mer ont fait parler d’eux dans les médias, il est donc logique de les retrouver ici.

Vin et…


Dans ce cas, ce sont des questions pratiques qui l’emportent, noms de boutique, de restaurant ou d’événement. Par contre les préoccupations de santé apparaissent ensuite avec vin et diabète, vin et grossesse ou vin et allaitement.

Le vin est…


Un proverbe populaire est en tête, mais sinon on recherche la même réponse qu’en France  à une question de test de QI: le vin est au raisin ce que l'huile est... Bande de tricheurs !

Le vin peut…


Tout comme en France, vous êtes prêts à accuser le vin lorsque vous devez courir aux toilettes toutes les 5 minutes. En dehors de ça, bien sûr, le vin peut tourner au vinaigre ou geler.

Une dernière question

Ouf, on est premier ! Normal, on est un poids lourd de l’information vin ! Bon, OK on blague, là.

À la bonne vôtre !

Alain P.




>> Article suivant – Trois vins rouges pour Halloween

mardi 27 octobre 2015

Bouchons de liège ou capsules à vis, le passé influence le présent…

Le débat entre les partisans des bouchons de liège et les tenants des capsules à vis est de ceux qui me fascinent depuis longtemps. Comme toujours dans le monde du vin, on trouve des positions très marquées. D’un côté, on voit les capsules comme le remède miracle pour éliminer les bouteilles défectueuses et permettre une conservation parfaite et infinie. De l’autre, on défend que, contrairement au bouchage métallique, le liège a fait ses preuves depuis fort longtemps.


Les champions de la capsule se percevant comme plus modernes que leurs congénères vont ensuite sortir des statistiques gonflées à l’hélium avec jusqu’à 10 % de bouteilles défectueuses. Pour donner le goût de grâce, ils asséneront les quelques études ou dégustations montrant quelques vins capsulés s’étant bien conservés pendant quelques années.

Leurs opposants répliquent qu’aujourd’hui les taux de défauts liés au TCA (le trichloroanisole, molécule responsable du fameux goût bouchon) ont diminué aux alentours de 1 % si on utilise des bouchons de liège de qualité. De plus, ils prétendent que le vieillissement du vin demande un très faible apport d’oxygène, que le liège permet d’obtenir. Ils termineront en comparant les millions de bouteilles qui ont bien vieilli durant plusieurs dizaines d’années aux quelques bouteilles capsulées ayant tenu jusqu’à 10 ans.

Au final, c’est la préférence du consommateur qui est l’argument le plus déterminant. En France et en Belgique, la préférence pour les bouchons de liège est très marquée, surtout pour les vins de milieu et haut de gamme. La maison bordelaise André Lurton est d’ailleurs revenue au liège pour respecter cette préférence. C’est moins vrai dans les pays du nouveau monde, qui semblent davantage apprécier la simplicité du décapsulage.

Plus qu’un simple caprice traditionnaliste, il y a une raison historique à ces différences. J’ai vécu mon enfance en France et, à cette période, le vin était encore sur la table à chaque repas. Par contre, durant la semaine on buvait du vin de table (ce qu’on appelle aujourd’hui les vins de France) et la fin de semaine on passait au « vin bouché », selon l’expression utilisée alors. Effectivement, dès cette époque les vins de bas de gamme étaient fermés par des capsules à vis, moins chères que les bouchons de liège. Par contre, personne n’aurait osé livrer une bouteille de vin d’appellation contrôlée sans un bouchon classique, les consommateurs risquant de le confondre avec un vin de table.

Selon moi, la terminologie utilisée illustre bien l’image de vin haut de gamme associée aux bouchons de liège à cette période, qui coïncide avec l’essor des AOC en France. Elle se continue aujourd’hui en Europe, mais les pays du nouveau monde n’ont pas un tel vécu. Ils ont commencé à boire du vin en s’intéressant à la gastronomie, donc sans passer par la phase vin de table. L’image des bouteilles fermées par une capsule n’y évoque donc rien de particulier.

Au Québec, nous sommes les plus grands buveurs de vin en Amérique du Nord et nous sommes nombreux à en boire régulièrement. Plusieurs d’entre nous ont aussi adopté l’habitude du « petit vin » pour les débuts de semaine et de la « bonne bouteille » pour souligner l’arrivée du week-end. C’est peut-être pour cela, ou c’est notre influence française, mais nous semblons également attachés au bouchon de liège pour les meilleurs vins.

J’avoue que j’aime bien le petit cérémonial du débouchage. Pour moi, il fait partie de l’importance que j’accorde au service du vin. Inversement, quand j’ouvre une bouteille fermée par une capsule, j’ai l’impression de servir un produit industriel, sans âme. Que voulez-vous, les images de l’enfance sont difficiles à effacer…

À la bonne vôtre !

Alain P.

P.S. Au-delà de l’image, il y a la réalité toute simple qui est que bouchons et capsules peuvent très bien faire le travail de fermer une bouteille. Choisissez votre vin en fonction de son goût et non du type de bouchage, sauf si vous n’avez pas de tire-bouchon sous la main, naturellement.


vendredi 23 octobre 2015

Qualité-prix : les vins blancs espagnols font merveille !

Oui, je sais, pour beaucoup l’Espagne est synonyme de terre de vins rouges. Pourtant, il s’y produit aussi d’excellents mousseux, les cavas, de très bons et originaux vins mutés, les Xérès, ainsi que des vins blancs de grande qualité. Autrefois, il y avait surtout des blancs plutôt rustiques, pour la consommation locale. De nos jours, plusieurs vignerons talentueux ont complètement modernisé les approches, autant dans les vignes que pour la vinification. Il en résulte de très bons vins blancs qui réussissent de mieux en mieux sur les marchés d’exportation, ce qui signifie évidemment que leurs prix ont augmenté. Ce ne sont donc plus les aubaines incroyables d’il y a 6 ou 7 ans, mais ils demeurent dans des rapports qualité-prix très intéressants.


Plusieurs d’entre eux sont produits avec des cépages typiques de l’Espagne, comme le verdejo, le viura ou le godello. Ceux-ci donnent des vins originaux, mais différents selon les terroirs ou les méthodes de vinification et j’avoue que je suis fatigué de lire des critiques qui veulent à tout prix les comparer aux cépages internationaux. On ne dit jamais l’aligoté est un peu comme un sauvignon. Alors, s’il vous plaît, chers amis dégustateurs, reconnaissez l’originalité des cépages autochtones espagnols. Voilà, c’était mon coup de gueule du jour, je me sens mieux maintenant.

Sur les 2300 vins blancs offerts à la SAQ, il y a 98 espagnols, offerts à des prix allant de 9.75 $ à 139 $. Nous en avons déjà recommandé dans nos billets «Espagne: aussi des vins blancs » et «Chardonnay, roi des cépages blancs » (oui, on cultive aussi des cépages internationaux en Espagne). En voici 4 autres qui font partie de mes favoris. Ils sont tous produits par de jeunes vignerons qui travaillent dans plusieurs régions de l’Espagne.

S’ils sont tous très bons à l’apéritif, ils peuvent aussi bien accompagner certains plats que nous allons indiquer plus loin. Un conseil cependant, ne les servez pas trop froid pour bien profiter de leur richesse en arômes et saveurs. Sortez-les du frigo 10 à 15 minutes avant le service.

Le Gaba do Xil Godello est produit dans l’appellation Valdeorras par Telmo Rodriguez. Un vin savoureux, bien aromatique mais frais, avec des saveurs florales et de fruits blancs, des notes de miel et très long pour un blanc de ce prix. Très bon avec une cuisine asiatique dans le sucré-salé.

Le Buil & Giné Nosis est produit dans l’appellation Rueda par le vigneron Xavi Buil. Le cépage est le verdejo mais il est ici travaillé avec un élevage beaucoup plus long que ses congénères. Il en résulte un blanc un peu déconcertant, dont les saveurs semblent se succéder en notes de fleurs, de pêche, puis de fruits exotiques avec une finale légèrement fumée (le bois). Je l’ai bien aimé avec des pâtes au saumon fumé.

Un autre vin de verdejo dans l’appellation Rueda, le Shaya du vigneron Juan Gil, plus connu pour ses excellents rouges de Jumilla. Son étiquette est superbe, mais achetez-le pour le contenu de la bouteille. Beaucoup de fraîcheur mais avec un côté onctueux et un fruité tout en subtilité, il est très bon avec des poissons grillés et un beurre au citron et aux herbes.

Le Plàcet Valtomelloso vient de la Rioja et est élaboré par le célèbre vigneron catalan Alvaro Palacios avec le cépage viura. Un blanc élégant malgré ses 14% d’alcool, riche en arômes et saveurs, avec une touche boisée pour pimenter sa longue finale. Il mérite une étiquette de grand vin. Très bon avec des fromages comme le Manchego ou un Alfred le Fermier.

Ces vins sont achetés en petites quantités par la SAQ, plusieurs sont actuellement disponibles dans une trentaine de succursales, faites vite. Nous avertirons des prochains arrivages dans la fiche du vin et sur les réseaux sociaux.

À la bonne vôtre et olá!


Alain P.

mercredi 21 octobre 2015

L’acidité dans le vin, l’importance de l’équilibre

En raison de leur composition chimique, tous les vins sont acides. Cependant, notre perception de cette acidité est très variable. Quelques explications rapides et plus de détails à la fin, pour ceux qui veulent en savoir davantage.

Typiquement, les vins contiennent entre 2 et 7 grammes d’acides par litre. Ces acides proviennent du raisin ainsi que du processus de fermentation. En chimie, la mesure de l’acidité est le pH : un pH de 7 est neutre (c’est normalement le cas de l’eau du robinet) et tout ce qui a un pH inférieur à 7 est acide. Plus le pH est faible, plus le produit est acide. Le pH des vins est habituellement entre 3 et 4, donc toujours acide.

Par contre, notre langue n’est pas un pH-mètre. Non seulement notre perception de l’acidité est très différente d’une personne à l’autre, mais elle est aussi beaucoup influencée par d’autres facteurs, comme le sucre ou l’alcool. D’ailleurs des boissons comme le jus de pomme, le jus d’orange ou le Coca-Cola sont également acides, mais comme elles contiennent beaucoup de sucre, on ne le note pas en les buvant. Dans les vins secs il y a peu de sucre résiduel, mais lorsque l’alcool permet d’équilibrer l’acidité, on ressentira en bouche une sensation de fraîcheur plutôt qu’une morsure acide. On parle alors d’un vin frais et équilibré. Au contraire, un vin trop peu acide paraîtra lourd, voire même pâteux en bouche.

C’est donc cet équilibre entre acidité, alcool et sucre résiduel qui est la clef d’un vin réussi.

Cette réussite n’implique pas que tous les vins doivent être identiques. Certains peuvent être plus ou moins acides ou plus ou moins forts en alcool, à condition que les autres facteurs compensent pour ces différences. Comme les goûts des individus sont différents, il existe aussi différents points d’équilibre. Les vins de style ancien monde sont réputés plus frais, donc avec une acidité plus facilement perceptible que dans ceux du style nouveau monde. Pour les vins blancs, on utilise plutôt le mot vif pour indiquer cette perception d’acidité.

Sur Hippovino nous n’indiquons ni le pH, ni la quantité d’acide présente dans un vin. Pour déterminer si vous aimerez ou pas un vin, vous avez besoin de savoir s’il est équilibré et de quel type de vin il s’agit. C’est en lisant les critiques et les notes de dégustation que vous obtiendrez ces informations. Nous nous efforçons de fournir pour chaque vin des liens de plusieurs critiques ou blogueurs, afin de faciliter  votre analyse.

Bonnes dégustations !

Alain P.

Quelques éléments pour en savoir plus

Deux autres facteurs influencent notre perception de cet équilibre, les saveurs fruitées et, pour les vins rouges, les tanins. Certains vins dégagent aujourd’hui une telle intensité de saveurs de fruits mûrs qu’on a l’impression qu’ils sont sucrés, alors qu’en regardant leurs fiches, on constate qu’ils ont seulement 2 grammes de sucre par litre. Inversement, dans un vin rouge très acide, l’amertume des tanins sera accentuée et pourra paraître désagréable s’ils ne sont pas assouplis.

Comme je l’écrivais plus haut, différents individus perçoivent l’acidité très différemment. Selon les scientifiques, ce serait relié à la quantité de salive que nous produisons et à notre nombre de papilles gustatives, deux facteurs qui varieraient selon les personnes. Il est donc normal que tel vin puisse paraître parfaitement équilibré à certains et trop acide à d’autres.

Si vous vous demandez quels sont les acides présents dans les vins, ce sont principalement les acides tartrique, malique et citrique. On y trouve, en petites quantités, des acides lactique, succinique et acétique. Nos papilles réagissent différemment à chacun des acides. Certains paraissent plus âcres que d’autres. En faible quantité, certains amènent des arômes de pomme verte ou d’agrumes, mais chacun d’eux peut devenir agressant lorsque sa présence dépasse un certain seuil, même si l’acidité totale est insuffisante pour déséquilibrer le tout.

L’acidité n’a pas que des conséquences sur le goût, elle est aussi très importante pour la conservation des vins. Un vin moins acide s’oxydera beaucoup plus rapidement. Les vins de garde, surtout les blancs qui ne sont pas protégés par les tanins, sont donc en général très acides au départ et cette perception d’acidité diminue avec les années.

Les années très chaudes, comme 2003 en France, donnent des vins moins acides et qui se gardent donc moins longtemps. C’est aussi le cas en 2015 et les vignerons de plusieurs régions de France ont demandé aux organismes de régulation de pouvoir ajouter de l’acide à leurs vins, afin d’améliorer leur conservation. L’acidification (ajout d'acide tartique) est une pratique couramment utilisée, notamment pour équilibrer des vins aux taux d’alcool et de sucres résiduels plus élevés.

Oui, je sais, tout ça peut paraître bien compliqué et il faut un palais d’œnologue et énormément d’expérience pour pouvoir analyser les composantes d’un vin. Ne vous attardez pas aux jugements péremptoires posés à partir d’un seul paramètre comme le sucre ou le pH, rappelez-vous, c’est l’équilibre qui est important.  

Deux liens pour lire encore plus sur le sujet :

L’acidité dans votre verre de vin (Bordeaux Wine Campus)



vendredi 16 octobre 2015

Les vins incontournables selon SAQ Cellier méritent-ils leur nom?

[Mise à jour 9 mai 2017] Si comme moi vous fréquentez assidûment la section Cellier de votre succursale SAQ, vous avez sûrement remarqué la section des « incontournables ». Cette sélection est aussi visible sur le site Web de la SAQ.

La question que plusieurs personnes se posent : en quoi sont-ils incontournables, est-ce que ce sont les meilleurs vins de la SAQ?

La SAQ ne précise pas en détail comment ces vins sont choisis, si ce n’est pour dire que ce sont des valeurs sûres qui ont la cote du public. Elle écrit aussi que ce sont les vins préférés des québécois, mais en réalité ce ne sont pas les plus gros vendeurs de tous. Ma perception est que ce sont des vins qui proviennent de producteurs renommés, qui ont eu un bon succès en termes de ventes et qui ont récolté de nombreuses bonnes critiques (souvent au Québec, mais pas nécessairement). Ce sont bien entendu des vins produits en assez grande quantité pour pouvoir être présents dans de nombreuses succursales.

Ce ne sont donc pas des perles rares que personne ne connaît, mais plusieurs de ces vins sont effectivement très bons et ont déjà fait l’objet de recommandations sur ce blogue ou sur HippoVino Hebdo. Je ne peux pas me prononcer sur l’ensemble, car je ne les ai pas tous goûtés mais je n’ai jamais non plus trouvé de mauvais vin rouge dans cette sélection. Par contre, il faut reconnaître que plusieurs des blancs ont un profil particulier et ne plairont pas à tous.

La plupart des rouges sont des vins moyennement corsés, avec un profil moderne, qui plaisent donc à un large public. Ils constituent un bon choix lorsque vous devez offrir une bouteille et que vous manquez d’informations sur son destinataire. Cependant, pour les amateurs de vins légers ou si vous cherchez à impressionner un ami sommelier, ce serait mieux de chercher plus loin.

Pour finir, voici 8 bouteilles qui figurent aussi dans mes incontournables à moi !

Borsao Tres Picos : un rouge espagnol fait à 100% de grenache, élevé 5 mois en fût neuf. Style nouveau monde avec beaucoup de fruit mûr sur un boisé apparent, mais sans excès. Beaucoup de plaisir pour son prix. (Hipponote 3.5* $$ SAQ : 19.95 $)

Les Cranilles : un vin des Côtes du Rhône, assemblage de syrah et grenache (moitié-moitié), produit par le trio de vignerons des Vins de Vienne. Du fruit, les notes épicées de la syrah, une belle fraîcheur pour un rouge très polyvalent. (Hipponote 3* $$ SAQ : 19.65 $)

Juan Gil 4 Monastrell Vieilles Vignes : un rapport qualité-prix extraordinaire pour ce vin produit par le célèbre vigneron Juan Gil. Les vieilles vignes de monastrell poussant sur le sol sablonneux de l’appellation Jumilla donnent un rouge solide, riche et aromatique à souhait. (Hipponote 3* $ SAQ : 14.70 $)

Château Montaiguillon : un vin classique du type Saint-Emilion (il provient plus précisément de l’appellation voisin Montagne-Saint-Émilion), très bien fait et d’une constance remarquable. Pour faire mentir tous ceux qui disent du mal des vins de Bordeaux. (Hipponote 3* $$$ SAQ : 23.35 $)

La Crema Pinot Noir Sonoma Coast : un pinot noir typique de Californie, suave et riche, mais dont le boisé n’écrase pas le fruit. (Hipponote 3.5* $$$ SAQ : 28.55 $)

Laderas de El Seque Alicante : beaucoup de fruit dans ce monastrell du Sud de l’Espagne, un peu moins robuste que le Juan Gil. Alicante n’est pas seulement une station balnéaire, c’est aussi une région viticole très ancienne. (Hipponote 2.5* $ SAQ : 14.05 $)

La Montagnette Signargues : un Côtes du Rhône Villages qui nous transporte dans le sud de la France avec ses arômes de garrigue et ses saveurs de fruits noirs et d’épices.  Les cépages sont le grenache, la syrah et le mourvèdre. Le fond de la bouteille arrive très vite ! (Hipponote 3* $$ SAQ : 16.40 $)

El Bonhomme : c’est la québécoise Nathalie Bonhomme qui produit ce vin du Sud de l’Espagne. Les cépages monastrell et cabernet-sauvignon donnent un rouge fruité mais bien charpenté, du sérieux. (Hipponote 2.5* $$ SAQ : 18.00 $)

Sauf pour le pinot noir, toutes ces cuvées seront à leur meilleur avec des viandes rouges grillées. Les Cranilles, le Laderas de el Seque et la Montagnette peuvent aussi se boire à l’apéro, avec des charcuteries ou une pizza. La Crema s’accommode bien d’un rôti de porc ou de veau, surtout avec une sauce aux fruits rouges.

Pour retrouver facilement les incontournables de la section SAQ Cellier, utiliser le hashtag #incontournableCellier dans le champ de recherche du site Hippovino. Nous en ajouterons régulièrement.

À la bonne vôtre !

Alain P.

Cliquer sur les noms des vins pour accéder à leurs fiches Hippovino avec les liens vers les critiques, les producteurs, les agences et le site de la SAQ.

P.S. Les liens et prix ont été mis à jour le 9 mai 2017.

<< Article précédent – Ce qui fait le vin, cépage ou terroir?

mardi 13 octobre 2015

Ce qui fait le vin, cépage ou terroir?

Même les plus novices des dégustateurs savent qu’il existe de grandes différences entre les vins. Mais plusieurs se demandent d’où proviennent ces différences.

En lisant les étiquettes, les vins du nouveau monde sont définis par leurs cépages tandis que leurs cousins européens (donc de l’ancien monde) sont catégorisés par leur appellation. Comme nous l’avions expliqué dans ce billet, l’appellation est basée sur l’origine géographique mais couvre en réalité beaucoup d’autres critères.

Donc, pour en revenir à notre question, qu’est ce qui définit un vin, le terroir ou les cépages?


En fait, les éléments importants sont au nombre de quatre.

Les cépages. C’est plutôt une évidence. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer un cabernet sauvignon et un gamay, ou un chardonnay et un sauvignon blanc. Les assemblages (vins fait de plusieurs cépages) vont souvent combiner des traits caractéristiques de chacun des cépages, mais peuvent avoir des personnalités plus complexes à cerner.

Le terroir.  Le type de sol où sont plantées les vignes et le climat sont des facteurs clefs. Là encore, la différence est parfois très nette, par exemple si on compare des Chablis avec des chardonnays de Californie. Par contre, il faut noter qu’il existe des visions très différentes de ce qui fait un terroir. Traditionnellement, les français accordent beaucoup d’importance à la géologie, tandis que les viticulteurs modernes privilégient les aspects climatiques, tout en tenant compte des caractéristiques de base du sol.

Le millésime de l’année de récolte. Certaines années ont le climat idéal avec pluie et chaleur aux moments parfaits pour que les raisins se développent et mûrissent dans les meilleures conditions. Pour d’autres, la météorologie capricieuse engendre des maladies de la vigne ou d’autres problèmes, et les raisins récoltés posent des défis aux œnologues. Si vous détectez des variations entre le même vin acheté l’an dernier et cette année, vous ne rêvez pas, un climat différent produit un vin différent.

Le vigneron. Le savoir-faire et les choix techniques effectués pour la culture de la vigne et durant l’élaboration des cuvées sont des éléments très importants. Par exemple, celui qui aura vendangé plus tôt aura récolté des raisins moins mûrs, qui donneront des vins plus acides et moins aromatiques. Les différences entre l’élevage effectué en cuve inox et celui en  fût de chêne peuvent également être très marquées. Il existe donc des styles de vins différents, pourtant produits avec les mêmes cépages et dans les mêmes zones géographiques. Au-delà du style, le talent a bien entendu une grande importance. Les meilleurs vignerons sont très habiles à ajuster leurs méthodes en fonction des conditions climatiques du moment et produisent ainsi des vins d’une qualité plus constante d’une année sur l’autre.

Notre objectif est de faciliter vos choix, donc nos fiches de vins contiennent des informations sur ces quatre éléments. Cependant, il existe beaucoup trop de variables pour réduire le vin à quelques paramètres. Il est donc important de lire les critiques et notes de dégustation figurant dans l’onglet Références pour se faire une idée plus précise du contenu des bouteilles.

À la bonne vôtre !

Alain P.


samedi 10 octobre 2015

Vins les plus populaires de l’été sur Hippovino

Quels ont été les vins les plus visités sur le site Hippovino durant l’été (de juillet à septembre plus précisément)? Voici la liste obtenue à partir de Google Analytics. Comme vous pouvez le voir, ce sont presque tous des vins rouges à deux exceptions près. En répartition géographique, les gagnants sont les vins de France (6), suivis de ceux d’Espagne (4), du Québec (2 – oui, c’est l’effet Fête des vendanges Magog-Orford), plus un d’Italie, un du Chili et un du Portugal.

Cliquez sur le nom du vin pour voir sa fiche Hippovino avec les liens vers les critiques, le producteur, la fiche technique, l’agence et le site de la SAQ.

  1. Chemin des Olivettes Cave de Roquebrun (Hipponote 3* $$ SAQ : 18.00 $)
  2. Devois des Agneaux d’Aumelas  (Hipponote 3* $$$ SAQ : 20.95 $)
  3. Brumont Tour Bouscassé Madiran (Hipponote 3* $$ SAQ : 19.25 $)
  4. Moraza Tempranillo  (Hipponote 3* $$ SAQ : 17.30 $)
  5. Juan Gil 4 Monastrell Vieilles Vignes  (Hipponote 3* $$ SAQ : 15.85 $)
  6. Tocado Campo de Borja  (Hipponote 2* $ SAQ : 9.95 $)
  7. Gérard Bertrand Terroir Languedoc Syrah Grenache (Hipponote 3.5* $$ SAQ : 17.65 $)
  8. Rosé Les Béatines Coteaux d'Aix-en-Provence (Hipponote 3.5* $$$ SAQ : 20.45 $)
  9. Monasterio de Las Vinas Reserva (Hipponote 2.5* $$ SAQ : 15.90 $)
  10. Cancelli Badia A Coltibuono  (Hipponote 3.5* $$ SAQ : 17.30 $)
  11. Arboleda Cabernet Sauvignon  (Hipponote 3* $$ SAQ : 19.95 $)
  12. Le Rouge du Chemin de la Rivière  (Hipponote 2.5* $$ Vendu au domaine : 16.00 $)
  13. Cidre de Feu d’Union Libre  (Hipponote 3.5* $$$ SAQ : 24.95 $)
  14. Marcel Deiss Alsace Blanc  (Hipponote 3.5* $$$ SAQ : 24.55 $)
  15. Quinta de la Rosa Douro  (Hipponote 3.5* $$$ SAQ : 21.95 $)


À la bonne vôtre !

Alain P.


jeudi 8 octobre 2015

Circulaire SAQ une saison qui inspire, suggestions Hippovino

[Mise à jour 15-10-2015] Voici notre nouvelle formule pour les suggestions qui concernent les circulaires mensuelles de la SAQ. Nous présenterons quelques bouteilles qui nous semblent particulièrement intéressantes suivies de la liste des vins de la circulaire qui ont une fiche Hippovino. Comme auparavant, l’accent n’est pas mis sur le rabais proposé mais plutôt sur la qualité du vin. Ce sont donc des vins intéressants à acheter et à boire sans les rabais, mais vous les paierez moins cher ou profiterez de points du programme Inspire, si vous magasinez avant le 18 octobre prochain.

Pour l’apéro, on commence avec Les 3 Grappes Blanches de la Chevalière, un bon petit blanc du Pays d’Oc. Il allie deux cépages bien connus, le chardonnay et le sauvignon, avec une spécialité languedocienne, le terret. Ce trio donne un blanc frais et fruité, avec plus de saveurs que ne laisse présager son prix très modique.

Le Catedral Dão Reserva est un petit vin rouge portugais sympathique, produit dans le style nouveau monde. Beaucoup de fruit mûr, des notes épicées et un boisé notable sans être massif. Avec les brochettes grillées et les patates grecques, la vie est belle !

Le Gérard Bertrand Grand Terroir Tautavel est un solide rouge du Roussillon avec beaucoup de fruit. Bien fait, ses 15% d’alcool ne le rendent pas lourd du tout, surtout si on le sert avec des viandes rouges grillées ou braisées.  Rapport plaisir-prix excellent !

Le Langhe Rosso Beni di Batasiolo est un très beau vin du Piémont, produit avec les cépages dolcetto, barbera et nebbiolo. Un rouge sur la fraîcheur, dans le style ancien monde, avec de belles notes fruitées et une complexité étonnante pour un vin de ce prix. Il convient très bien avec les plats italiens à la sauce tomate, encore plus s’ils sont épicés.

Pour une fois, on peut aussi s’offrir de belles bulles en rabais !  Le Cava Parès Balta Brut est une réussite originaire de la Catalogne. Une belle fraîcheur et un mousseux de grande qualité, bio en plus, vendu à un prix très raisonnable. Pour l’apéro ou pour accompagner un repas de fruits de mer.

Fiches Hippovino avec liens vers les critiques, le producteur, la fiche technique, le site de la SAQ et l’agence (les points sont les bonis SAQ Inspire) :

3 Grappes Blanches de la Chevalière (Hipponote 2.5* $ SAQ : 13.45 $ –  2000 pts)

Catedral Dão Reserva (Hipponote 2.5* $ SAQ : 13.75 $ en rabais à 12.75 $ – 500 pts)

Gérard Bertrand Grand Terroir Tautavel (Hipponote 3* $$ SAQ : 18.45 $ en rabais à 16.95 $ – 500 pts)

Langhe Rosso Beni di Batasiolo (Hipponote 3.5* $$ SAQ : 17.75 $ – 1500 pts)

Cava Parès Balta Brut (Hipponote 3* $$ SAQ : 17.45 $ en rabais à 16.45 $ – 500 pts)

Masi Modello Delle Venezie Rosso (Hipponote 2.5* $ SAQ : 14.95 $en rabais à 13.45 $ – 750 pts)

Réserve Perrin Côtes-du-Rhône (Hipponote 3*$$ SAQ : 16.80 $ en rabais à 15.30 $ – 500 pts)

Osoyoos Larose Le Grand Vin (Hipponote 3.5* $$$$$ SAQ : 45.00 $ –  5000 pts)

Crémant de Pomme du Minot (Hipponote 2.5*$ SAQ : 11.95 $ en rabais à 10.95 $ – 500 pts)

Domaine Pinnacle Cidre de glace (Hipponote 3* $$$ SAQ : 25.00 $ en rabais à 23.00 $ – 500 pts)

Yalumba Old Bush Vine Grenache (Hipponote 2.5* $$$ SAQ : 20.25 $ en rabais à 19.25 $ –  1000 pts)

Rosé Champs de Florence Domaine du Ridge (Hipponote 2* $$ SAQ : 15.90 $ en rabais à 14.90 $ –  500 pts)

Rosé Roseline Prestige (Hipponote 2* $$ SAQ : 15.95 $ en rabais à 14.45 $ –  250 pts)


Cabernet-Sauvignon Bonterra (Hipponote 3* $$ SAQ : 19.95 $ en rabais à 17.95 $ –  500 pts)

À la bonne vôtre !

Alain P.

<< Article précédent – Trio de vins blancs originaux

mardi 6 octobre 2015

Trio de vins blancs originaux

La semaine dernière, je vous avais parlé de mes coups de cœur en rouge lors d’une dégustation organisée par les agences Trialto et Réserve & Sélection. Celle-ci contenait également quelques vins blancs fort intéressants et plutôt originaux.

Le Malvasia Bianca provient du domaine Birichino situé à Santa Cruz, près de Monterey. Les vignerons Alex Krause et John Locke sont réputés pour ne pas faire les choses comme tout le monde dans leur coin de pays, comme le prouve leur choix du malvoisie, un cépage italien très peu cultivé dans le nouveau monde. Il en résulte un vin bien aromatique, avec un léger sucre résiduel qui ne paraît pas à la dégustation en raison de la grande fraîcheur. Un blanc bien équilibré, long en bouche, avec des saveurs d’agrumes, de noix et de fruits exotiques. Un excellent compagnon pour la cuisine thaïe !

Le Domaine Rolet Père & Fils est un producteur très réputé dans le Jura français. Leur Chardonnay Côtes-du-Jura se distingue par sa fraîcheur, son élégance et par l’absence de notes oxydatives, très fréquentes dans les blancs de cette région. Si vous avez été échaudé par certains crus jurassiens aux saveurs très marquées et déroutantes pour les non-initiés, n’hésitez pas à essayer ce blanc qui livre une expression beaucoup plus classique du chardonnay. Les saveurs sont dans le registre floral avec un fruité délicat et des notes de miel. Il fera merveille à l’apéro ou pour accompagner des pétoncles.

Retour dans la région de Monterey, d’où provient le Cigare Blanc, la réinterprétation californienne du Châteauneuf-du-Pape blanc créée par le fameux vigneron Randall Grahm au vignoble Bonny Doon. Celui-ci a un talent fou et toutes ses cuvées récoltent des pluies d’excellentes critiques, qui ont la particularité de faire l’unanimité entre tenants de l’ancien monde et ceux du nouveau. Son Cigare blanc est un assemblage de grenache blanc et de roussanne, étonnant de légèreté pour un vin de cette région, aromatique sans excès, qui déploie de superbes saveurs de fleurs et de fruits blancs sur une belle trame minérale. Un vin de méditation, qui se boit très bien tout seul (je le sais, je ne l’ai pas recraché) mais que j’essaierais volontiers avec des sushis.

Pour finir, je m’en voudrais de ne pas mentionner les bulles qui figuraient dans cette dégustation. Je vous ai déjà dit beaucoup de bien des cavas produits par la maison catalane Parès Baltà. J’ai pu goûter pour la première fois à leur cuvée Blanca Cusiné, élaborée avec du chardonnay et du pinot noir selon des techniques qui ressemblent vraiment beaucoup à celles utilisées en Champagne. Un mousseux d’une grande élégance, aux bulles très fines qui se dégagent lentement au centre du verre, avec des saveurs briochées et des notes florales. Un cava de gastronomie vendu au prix des champagnes d’entrée de gamme, mais hélas disponible seulement dans les succursales Signature de la SAQ.

À la bonne vôtre !

Alain P.


vendredi 2 octobre 2015

Les vins rouges de Palacios Remondo, viva España !

Si vous lisez sur les vins vous aurez sûrement entendu parler du fameux vigneron espagnol Álvaro Palacios. Le sympathique restaurateur Sébastien Muniz nous en avait d’ailleurs parlé dans ce billet : Sébastien Muniz des restaurants Mesón et Tapeo, à Montréal – une belle rencontre !

Ce grand vigneron est devenu célèbre en créant des vins mythiques en remettant en valeur de très vieux terroirs dans la région du Priorat en Catalogne. Il a également fondé avec son neveu un domaine dans le Bierzo, dans le Nord de l’Espagne, avec lequel il a accumulé de nombreux autres succès. Finalement, il a repris en main la maison familiale dans la Rioja, le domaine Palacios Remondo.

Alors que le cépage roi de la Rioja est le tempranillo, Álvaro Palacios a noté que son domaine situé à l’extrême est de l’appellation était plus favorable à la culture du grenache. Ses vins comportent donc une part importante de ce cépage et se démarquent par leur fraîcheur, dans une région pourtant réputée pour son climat chaud donnant des vins souvent un peu lourds.

Les trois vins rouges de ce domaine sont disponibles à la SAQ. Commençons par la cuvée La Montesa, dont le millésime 2012 est tout bonnement extraordinaire pour un vin à seulement 20 $. Beaucoup de fruit mûr et de complexité dans cet assemblage de grenache et de tempranillo avec un peu de mazuelo (le nom espagnol du carignan), des tanins très souples et une belle finale longue, sans aucune lourdeur malgré les 14% d’alcool. Grâce à sa puissance et à son fruité intense, il se prête bien à accompagner les plats épicés, comme la cuisine marocaine, mais chez nous il a aussi fait merveille avec des viandes grillées sur le barbecue.

Pour deux dollars de moins, la cuvée la Vendimia est un assemblage moitié-moitié de grenache et tempranillo. C’est aussi un très bon vin avec un bon fruité et de la souplesse, mais alcool, acidité et boisés semblent plus marqués. Parfait pour accompagner les pizzas aux garnitures un peu épicées.

Pour finir, la cuvée haut de gamme du domaine est le Propiedad, un vin fait à 100% de grenache. Le millésime 2010 disponible actuellement a bénéficié d’un climat extrêmement sec avec des températures moins chaudes, qui ont permis une maturation très lente, donc une combinaison très favorable. C’est l’exemple même du vin qui donne un résultat différent à la dégustation et lorsqu’on le boit durant un repas. Sauf peut-être pour les dégustateurs les plus expérimentés, ce sont des expériences un peu différentes, disions-nous dans un billet précédent. En dégustation, le Propiedad m’a paru très bon mais relativement peu expressif. Bu au repas, il s’est révélé sous un tout autre jour : le genre de cuvée où chaque verre permet de découvrir une nouvelle saveur, ce qui donne envie de s’en servir un autre, au bout du compte on trouve la bouteille bien petite et on rêve d’un magnum ! Excellent avec des brochettes d’agneau accompagnées de poivrons rouges grillés et certainement avec toutes les viandes qui ont séjourné dans votre barbecue.

À la bonne vôtre !

Alain P.


P.S. Le domaine Palacios Remondo produit aussi un excellent vin blanc, le Plàcet, qui était dans nos vins de la semaine sur HippoVino Hebdo du 22 juillet 2015. Nous y reviendrons dans un prochain billet sur les blancs espagnols.



>> Article suivant – Trio de vins blancs originaux